Chaque jour je prends ma plume. Enfin mon clavier. Il faut trouver
un petit quelque chose à raconter, un petit détail à explorer, un petit truc à dire.
Le rituel est bien rôdé, j'ai même quelques lettres d'avance. Mes timbres sont prêts, les enveloppes déjà
remplies.
A chaque jour une lettre, en attendant que mes filles soient assez grandes pour me répondre. J'ai hâte ! Recevoir un petit
mot me ferai bien plaisir, mais je sais qu'il est encore trop tôt. Ou un dessin tiens ? Ca m'irait bien. Elles n'y pensent pas, et c'est tant mieux : c'est qu'elles s'amusent bien et n'ont pas le
temps de nourrir cette nostalgie qui guide la plume.
Je leur invente des mini événements, je leur raconte la préparation de la rentrée, la recherche du cartable, je me remémore
les longues cartes que m'envoyait mon papa, quotidiennement. C'était "trop bien" lorsque je m'usais les yeux à déchiffrer son écriture appliquée mais par moments illisible. Je leur épargne cette
difficulté, j'imprime mes courriers, ainsi même Elsa peut tenter de me lire. J'en suis à neuf lettres, pour neuf jours d'absence. Ah le temps me dure ... Allez je file à la Poste, je ne voudrais
pas rater la levée. A plus tard.
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