A quoi ça tient la sensation de liberté ...
S'asseoir au pied des marches d'un escalier un peu en retrait, siroter un chocolat chaud. Se tourner vers l'intérieur. Ecouter dans le vent le cri d'une buse, très haut dans le ciel...
Je lève les yeux vers elle, je ne la vois pas, je l'imagine tournoyant dans les courants ascendants, montant, encore.
Une libellule réticulée, affairée, déboule du couvert des sous-bois tout proches, rapide, précise, elle tourne sur l'aile à quatre-vingt-dix degrés, revient, repart, s'immobilise une demi-seconde à ma hauteur, reprend sa course jusqu'aux poubelles, revient encore, une seconde cette fois de vol stationnaire à un mètre à peine. Elle est verte d'un clinquant métallique bordé de jaune, rutilante, longue et gracile. Je ne bouge pas. Je me rappelle les longues parties de chasse aux papillons avec mon père, au cours desquelles parfois une demoiselle nous accompagnait, curieuse, j'ai pour ces animaux une sympathie d'enfance qui ne se désavouera plus. L'autre soir, à la toute dernière heure de jour, alors que je me levais pour aller m'asseoir dans le jardin et fumer une cigarette, l'une d'elle s'approcha de la baie vitrée, elle ne s'y cogna point, non celles-ci ne sont pas aussi sottes que les abeilles ! mais demeura plusieurs secondes à observer, était-ce la glace qui l'intriguait ainsi, nous regardait-elle, nous ? Il y a dans cette bête une désinvolte tranquillité, une absence de peur mâtinée de la simple prudence nécessaire, qui me séduisent, elles approchent, observent, puis s'en retournent, leur monde côtoie le nôtre ou l'inverse ?
Je suis repartie délassée à mes dossiers, dans mon bureau clos, l'esprit remis en boîte avait pu divaguer à sa guise. Cadeau.

Par Marie-Laetitia - Publié dans : Métroboulododo
Dimanche 20 juin 2010 7 20 /06 /Juin /2010 05:26

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"Votre fille n'a aucune capacité de concentration Madame,
nous ne pouvons plus rien faire pour elle"

 

Comme maman ne travaillait pas, c'en fut fini de l'Ecole, elle étudia à la maison durant les rares heures où elle devait y rester enfermée, à la mauvaise saison. 
Etait-ce sa faute, à elle, si sa concentration ne savait s'exercer que dans l'inutile ....  dans la rêverie paisible où l'emportaient ses contemplations ... La toilette indispensable et méticuleuse d'une petite mouche repue, passant et repassant ses pattes velues articulées sur ses jolis yeux verts à facettes bordées de rouge par les rayons rasants du soleil diffracté d'angle à angle ... La bordure effilochée rosissante d'un nuage de printemps seul en ciel qui semble vouloir résister indéfiniment au soleil couchant, à la brise du soir, aux senteurs maritimes, qui tous trois l'étirent et le dispersent et le soufflent tout doucement ... Le dessin biscornu d'un tortillon de poil d'orteil, une puce de plancher repliant son rostre pour sauter hors champ, la moustache perdue d'un chat gras qui s'est frotté contre le rebord de la chaise,  grossis vingt fois sous la loupe de son grand-père ... 

Elle avait cessé de parler depuis longtemps, au fond : parler pour quoi faire ? Ce qu'elle disait n'était jamais écouté. Sauf avec maman, qui comprenait beaucoup et pardonnait par principe et en aveugle, elle gardait pour elle ses paroles vraies pour n'exprimer que ses nécessités vitales, refermant sur elle-même les portes de son être sensible pour se rendre définitivement imperméable. Et il fallut grandir ...

"Tu n'écoutes pas !"  devint peu à peu :
"Je vous ai déjà expliqué ça pourtant ..."
"Ouh ouh, vous êtes avec moi là ?"
 

Oui, peut être, sûrement, sans doute, bien sûr. 
Elle repartait comme hier, tête basse, non point d'avoir été sermonnée mais pour suivre son ombre ramassée à ses pieds au soleil de midi, riquiqui, tassée, écrasée comme sur une planète géante ...

 Vous pourrez pester jour après jour contre celle-là, oh je sais que vous n'y manquerez pas, user de cent leviers et chantages et menaces et promesses et douceurs caressantes : elle ne changera pas. Elle ne sait pas faire autrement sans en mourir, voyez-vous ? Rien ne pourra jamais avoir prise ... Elle EST plus fort.

Par Marie-Laetitia - Publié dans : Rien de spécial
Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 06:35

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A quoi ça tient qu'on fait un ultime lardon ?
Qu'on met deux pitites graines au chaud dans son giron ?
Comme un vieux goût d'trop peu quand on est quatre à table ...
Un "il nous manque quelqu'un" ... un rire indispensable
Et qu'on n'entend jamais mais qu'on attend déjà
Parce que rien, parce que ... point ! pi voilà c'est comme ça !
A quoi ça tient qu'encore j'veux des bébés d'à toi ?
Et des ptits pieds qui poussent et m'écrabouillent le foie
Vomir pendant neuf mois à tous les coins d'la rue,
Et pi d'l'avenir tout doux avec des couches qui puent ?

Ben ... ça tient à toi j'crois bien ...

Par Marie-Laetitia - Publié dans : Les mômes !
Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 05:30

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Moi en parka mal boutonnée

Lui l’manteau long su’l pyjama
On s’croise toujours l’air hébété
Nos clebs en laisse au bout du bras

Six heures pétantes je suis en bas
On fait le tour des reverberes
Je désespère et pi le vla
Un ptit coup d’œil et on s’rpere


Nos chiens s’aiment pas !
Nos chiens s’aiment pas !
Mon putain d’clébard fait l’roquet
Et il aboie, et il aboie …
J’peux pas causer au joli gars
Qui reste « le type au chihuahua » …


Il me fait un salut sans bruit
Mais nos zamis fidèles s’affolent
Tout l’quartier résonne de leurs cris
Et moi je crois que j’deviens folle
Que j’deviens folle
Que j’deviens folle …


Refrain


Ce matin ayé c’est l’grand soir
J’ai mis une jupe et mes grands yeux
On a oublié nos clébards
« De près ben vous êtes encore mieux »


Refrain

Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Chansonnettes débiles
Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 18:11

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Oui je sais c'est une rediff. Oui je sais que je n'ai aucune excuse puisque j'y suis aussi, moi, en vacances. Mais voilà, les deux prunelles de mes jours, à domicile itou, m'accaparent quelque peu (euphémisme). A tout bientôt !




"Et alors maman ch'est quand que tu nous racontes la chuite de Grigri et Chaminou ?"

La phrase humide sort de la bouche empoucée de ma fille aînée qui me regarde d'un ton (si si je t'assure) suppliant depuis son lit...

Ouaaah dur ! Parce que ce soir justement, Maman elle est explosée au Myolastan et qu'elle se voyait bien aller mourir dans son bain avant d'échouer entre les mains expertes de l'homme sous une couette accueillante et chaude, écoutant d'une oreille plus que distraite le déroulement du téléfilm jusqu'à céder, enfin, aux avances éhontées de Morphée que même il serait goîtreux avec une jambe de bois Maman elle dirait oui .... Ben raté !

La deuxième merveille de mes jours, de la chambre attenante, reprend en choeur :
"mamaaaaan, tu racontes Grigri et Chaminou ce soir ? ils sont venus dans ta tête ?
- moooooffffffffgluuuuuurbps
- qu'est ce que tu dis maman ?
- à peu près moooooffffffffgluuuuuurbps mais en pire ... ?
- ça veut dire oui ?"

Là je sais que ma descendance ne me lâchera pas. Elle est unie. Elle est solidaire. Elle a sorti ses yeux de bébé phoque et de chaton PTT ... Je vois qu'elle est prête à tout pour m'extorquer la suite des aventures palpitantes dans les caves à fromage de ses deux personnages, que dis-je, ses HEROS. Et quelque part ça me fait chaud au coeur, et même plus que le myomyo qui quand même pétard me détend méchamment et ça fait du bien par où ça passe.

Je soupire comme une diva qu'on bisse, et me cale entre leurs deux portes.

Le viking que la petite avait capté ne compatit pas, il a même l'audace de s'installer tout à son aise et de sembler vouloir se fendre d'un bon rire, il ouvre un laaaaarge bec mais mon regard de serial killeuse le lui cloue illico presto. Un peu de sérieux, dame, je cherche !

Qu'est-ce que je vais ti bien pouvoir leur faire faire à ces deux-là ?

Histoire de gagner un peu de temps je me la joue "Previously on Heroes ..." et récapitule avec l'espoir - fol - qu'une fois repartie en arrière et remise sur les rails avec un peu d'élan, mon imagination débordante va accoucher d'une suite toute seule comme par enchantement ...

"Il était une fois ...
- tu dessines pas en même temps ce soir maman ?" tente la grande, soucieuse de m'accaparer dans SA chambre pour illustrer sur SON tableau mon propos.
- ah non pas ce soir ma douce.
- ooooh j'aime bien quand tu dessines en même temps
- ...
moooooffffffffgluuuuuurbps ne me coupe pas dans mon élan - mens-je effrontément.
...
- Vous vous rappelez où nous avons laissé Grigri et Chaminou la dernière fois ? lancé-je dans le but inavouable de m'entendre répondre ce "non" qui me contraindrait à leur resservir la même histoire que la dernière fois
- ouiiiiii, dans un stéréo parfait... bon cette fois-ci faut vraiment que je m'y colle hein...

Heureusement, au bout de quelques phrases un peu embrumées, la langue se délie et les idées se font plus claires. Je parle. Elles écoutent de toutes leurs fibres et à un moment je crois même que j'ai attrapé le Viking avec ! Je me prends au jeu. Je suis trop forte du monde ! J'ai même plus envie de m'arrêter. Je suis la nouvelle JKRowling et personne ne le sait. Chéri tu es en train d'assister à un truc de fous mais je ne t'en veux pas de bailler c'est l'effet de l'hypnose. Tous les trois boivent mes paroles, je sens que je suis prête pour une émission enfantine en direct live, je suis super chaude.

Chéri titube.
Je reprends mes esprits. Je sors de la transe.

Les deux poucinettes réclament à grands cris la suite ! la suite !

  Je suis belle, je souris et mon meilleur profil c'est lequel déjà ?
Je les embrasse sous les acclamations et quitte la scène, royale, pour rejoindre la baignoire. Je sens que je tiens un truc très fort.

Quand même, pour un best-seller international traduit en 50 langues, je vais devoir trouver un meilleur titre. Le bain me délasse, putain ce que ce sera bon quand j'aurai une baignoire à remous dans notre ranch.

"Chériiiiii ???
- mmmmfffffffff ....
- Je crois que je vais devoir reprendre mon nom de jeune fille mon amour ....
-
mmmmfffffffff ????!!!
- Non franchement ... Marie-Laetitia Gambié en japonais c'est imprononçable"
Par Marie-Laetitia - Publié dans : Les mômes !
Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 06:46

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Je rêverais d'aller chez le psy comme on va chez le dentiste. Hop, une fois l'an, contrôle de routine. Je serais un peu stressée avant, comme toujours, petite pointe d'angoisse qu'on me découvre quelques vilaines déprimes (caries) qu'il faudrait soigner à coups d'antidépresseurs (roulette) en plusieurs séances douloureuses, je me laverais soigneusement l'esprit (les dents) avant la séance et j'arborerais, à mon arrivée, mon plus beau sourire...

"Ah, Madame Gambié, comment allez-vous depuis l'année dernière ? Installez-vous.
- Eh bien écoutez ça va pas trop mal, les patchs de confiance en soi (plombages) ont l'air de bien tenir, j'ai une petite déprime saisonnière (gingivite) qui semble vouloir revenir mais rien de bien grave
- On va regarder tout ça"

Après un examen poussé et attentif de mon moi intérieur (ma bouche) j'aurais le diagnostic : soit tout va bien, et on fait une simple petite séance d'hypnôse de revalorisation (détartrage) soit il y a des petites choses diverses à soigner. Et puis on repart tranquille pour un an.

Par Marie-Laetitia - Publié dans : Humeur du jour
Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 05:36

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