Elles sont partout, ce sont les anxieux, les inquiets, les timides, les sourires pas convaincus, les visages adultes avec un regard d'enfant.
Tout petits, difficile de choisir des chaussures : celles ci sont-elles trop grandes ou trop petites ? elles serrent un peu, mais c'est peut-être normal ? et cet espace entre le pouce et le bout de la chaussure, il est plus confortable d'être ainsi, non ? non ?
et puis, grandissant, les choix, toujours délicats, deviennent de plus en plus déterminants, le mot "crucial" s'insinue.... choisir des études, choisir une université, un métier, un compagnon... un doute persiste, la recherche du confort total pollue finalement le bien être ordinaire espeéré. Cela sans doute accompagne les difficultés quotidiennes à se laisser aller, à s'abandonner. Le doute est toujours là, à vriller le cerveau, petite note qui oscille en puissance, parfois couverte par des fanfares triomphantes, un bonheur soudain, une tristesse intense. Et au bout de plusieurs années, ce doute-là se porte sur tout, sur lui même, sur son hôte : en fait c'est quoi être heureux ? Si on se pose la question, est-ce qu'on peut l'être ? ils se rappellent dans un bouquin de Sartre cette femme perpétuellement en quête de l' "instant parfait", et finissant par abandonner.
Etre heureux, ça se travaille.  C'est un abandon, un refus de résister, c'est cesser de chercher mieux parce que bien c'est déjà le bonheur .... mais bien sûr, mais ils le savent aussi, mais c'est comme comprendre celui qui croit en Dieu, l'envier, et ne pas avoir la foi. Combien d'années de thérapie pour comprendre d'où vient ce doute, et pour le détruire ? thérapie, travail sur soi, mâturation, qu'importe, mais combien d'années ??
Ces êtres-là sont peut-être simplement lucides ? non ? ou extraordinairement égoïstes, à toujours se contempler, se passer au peigne fin "suis-je heureux" ? faut-il les plaindre, les secouer ? faut-il les aimer ? le meritent-ils ?
Questions pièges

Par Hemipresente - Publié dans : En douceur
Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 20:34

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Ses cils délicats dérobent à mon regard ses yeux en amande, qu'elle dirige, par en dessous, vers son père, en quête d'une approbation bien peu probable. Elle penche un peu la tête vers la gauche, arbore son plus merveilleux sourire, amène sa main droite jusqu'à sa joue, y pose son index, main presque repliée, et dans cette pose éclate de rire. Qui peut résister ? Je regarde ma fille, je me dédouble, mère éducatrice qui ne cèdera pas à son caprice d'un côté, mère adoratrice émerveillée par sa grâce et sa féminité de l'autre. "Non Mathilde. J'ai dit non, et papa ne dira rien d'autre. C'est non. Tu files dans ta chambre". La moue séductrice persiste un quart de seconde, puis cède la place à un effondrement du visage : elle retrouve ses deux ans et l'intensité des sentiments, le caractère printanier où les orages succèdent sans préambule aux plus belles éclaircies, elle pleure, presque sincère et pourtant emballée par la beauté des larmes. Bientôt elle pleurera comme je l'ai fait en se contemplant dans son miroir, émerveillée par le pouvoir d'un oeil embué. Elle grandit. Elle connaît les limites de son corps, elle apprécie son pouvoir de séduction, son pouvoir de persuasion, par les mots, au delà des mots. Cette petite fille est ma fille, c'est ce même petit être qui poussait en moi il y a quelques mois, qui talonnait mon estomac de ruades énergiques le soir ... Epatant ! L'émerveillement guide mon regard autant que l'amour et la nécessité de lui définir des bornes. Sans l'approuver, je comprends que certains parents puissent céder à cette facilité, à cette tentation de "laisser pousser libres" leurs enfants, sans interdits, sans contraintes :  il est si enivrant de les considérer comme parfaits, dotés d'une capacité universelle, héritée, instinctive, à se construire par eux-mêmes. Enivrant et donc faux, bien sûr. Pourtant il est si plaisant de la regarder faire, à la dérobée, causer à ses peluches, les admonester comme je peux le faire, les câliner comme je peux le faire, leur raconter les histoires qu'elle connaît par coeur, se complaire quelques minutes à ne pas interférer. La porte entrebaillée a grincé, elle lève ses yeux aux cils interminables, d'une douceur implacable, une question dans leur lumière, m'aperçoit et me sourit. Je souris à mon tour et me retire.

Par Hemipresente - Publié dans : Amours
Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 14:26

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A l'heure où l'heure n'a plus de sens, 
A l'heure où le temps tourne sans but, 
Je me retourne sur ma vie et je te vois, toi qui as donné un but à toute chose, une valeur à tout acte, un zéro et un axe à ma vie. Je serai toujours là pour toi, en toi, quoi qu'il arrive, je serai toujours là pour te voir grandir et vieillir, je serai toujours dans ton coeur, tu seras toujours là pour justifier mon existence, et de proche en proche ainsi la vie trouve sa justification et son but ultime : l'amour. Sans foi, sans croyance, sans autre but que te rendre heureuse, je suis en quête de temps, de paix, et d'amour. Tes yeux immenses et inquiets me sondent. Je t'aime. Je serai toujours là parce qu mon amour ne peut pas mourir, parce qu'il est plus fort que moi, parce qu'il me dépasse et m'englobe. L'avenir n'a de sens qu'avec toi, je suis une pierre sur ton chemin, fais le large, grand, beau, fais le utile aux autres, fais le inéluctable. Je t'aime.

Par Hemipresente - Publié dans : Amours
Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 14:23

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Verse moi de l'oubli, une larme, de l'absinthe en mots, des idées vaporeuses. Merci. Le breuvage me délie les idées.
Je t'écrirai tout un monde perdu, je t'inventerai des Harry Potter, des dragons, des fées, des pays sans cris et des hommes sans violence. Je te ferai un monde tout doux et je te regarderai, fleur parmi les fleurs, grandir à l'ombre du jardin que je plante. Je bercerai tes pleurs, tu peupleras mes nuits.
Le deuil de l'enfant parfait s'accompagne du deuil de la mère parfaite, je présume. Je voudrais être juste la meilleure moi possible, tu sais ? je ne peux pas te promettre plus que ça, honnêtement, mais pas moins non plus sans rougir.
Je voudrais être ... pas ta confidente ... ni ton amie ... je serai forcément autre chose, c'est mon rôle... mais je voudrais être toujours un recours, un port secret dans une crique au calme. Saurai-je ? Je n'ai jamais été très paisible, j'aimerais que toi tu saches l'être. Quand je te vois croquer avec ravissement dans un abricot, laissant échapper un petit grognement de contentement lorsque sur ta langue la pulpe sucrée acide s'écrase contre ton palais, je devine l'océan de plénitude possible, des ressources de force, de vitalité, de sensualité que tu as accumulées au fil des mois et qui vont te construire. C'est merveilleusement émouvant et doux et beau, cette personne humaine que tu deviens. Je te voudrais pas trop sage, pas trop douce, pas trop soumise, et si possible pas trop passionnée s'il te plaît, mais tu feras comme tu pourras, et si tu es très sensuelle tu seras très passionnée, comment faire autrement.

Par Hemipresente - Publié dans : Amours
Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 14:17

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Plus faim
Elle a disparu un jour. C'est étonnant mais c'est ainsi. Je ne sais plus avoir faim, cela remonte à bientôt deux mois. Mon réfrigérateur est vide, mes placards démunis, à chaque ami qui vient me rendre visite je déclare en riant bien haut que je dois faire les courses justement le lendemain, que je suis bête de ne pas avoir pensé à prendre en passant des croissants et du chocolat pour le goûter ! ... pourtant je ne suis pas morte, ça va de soi, je mange encore, lorsque les vertiges ou les palpitations se font trop fortement sentir, je ne suis pas en grève, je peux même encore prendre du plaisir à un repas partagé, la convivialité me donne des couleurs; mais je n'ai pas faim ! et lorsqu'il m'arrive de manger, parce que j'ai figurez-vous des amis bien intentionnés et tenaces qui commencent à s'en préoccuper, les vaches!, j'atteins la totale satiété et sa nausée en quelques bouchées... Alors bon, ça me tracasse, je vais voir un médecin (entre déprimée et anorexique, vous préférez quoi vous ??), je me défends devant mes parents qui me connaissent si bien d'être anorexique, "non maman je t'assure que non, je ne me pèse jamais, je n'ai aucune obsession, simplement j'ai rarement faim"; je ne peux plus repartir de chez eux sans une barquette congelée de lasagnes, de soupe bien grasse, de pot au feu... mon congélateur prospère et ma mère est rassurée ! et moi je fonds, je passe de taille en taille et me désole de ces vêtements que je ne peux plus porter et qui pendent, inutiles et difformes puisque je ne peux pas les remplir. La mode est à la maigreur extrême, très bien, mais je ne me plais guère, moi, pour tout vous dire, avec ces doudounes d'adolescente prépubère, alors que dorment abandonnés des soutifs aux rondeurs engageantes sur lesquels je me pâmais gamine ! je peste et trépigne quand je me vois nageant dans cette petite robe qui m'allait si magnifiquement bien et moulait à la perfection mes formes épanouies ! je soupire après mes fesses fondues !! et c'est que ça coûte un fric pas possible de racheter des culottes, des pantalons, et tutti quantti ... pour les soutifs j'ai laissé tomber, il n'y a plus rien à soutenir ma pauv'dame, qu'on dirait deux gouttes d'huile sur une tôle ! alors bon, j'attends, ça va bien me revenir, la babine échauffée devant la vitrine du pâtissier, la fringale à 11 heures calée sans autre forme de procès par un sandwich rillettes, tant pis pour l'haleine et pour le voisin d'amphi, la boîte de cookies devant le film, les chips après le cinoche, toutes ces petites choses qui donnent du sel à la vie, mince ! même affronter la balance !  mais oui ça reviendra, cet appétit là en même temps que tous les autres, tout doit être lié, je suis juste suspendue en équilibre dans le temps, pleine de l'illusion qu'il passera plus vite et sans trop avoir de prise si je suis plus légère ? ah, oui, ça doit être ça, encore lui, encore Lui ...

Par Hemipresente - Publié dans : Métroboulododo
Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 14:12

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Des petits seins en poire,
des cheveux corbeau, brillants, comme une pieuvre de cheveux noirs posés sur un visage pâle,
de grands yeux marron,
une cambrure déroutante et des fesses hautes,
un regard dur sous des sourcils interrogateurs, 
une bouche tendre et pulpeuse.
Bien armée, désarmée, défendue, défenderesse, solitaire, attendrie, cassante, enjôleuse.
Marcher dans la ville comme un seigneur sur un champ de bataille,
se percher sur des talons impossibles,
se suspendre à des bas libertins,
enfiler des yeux insoumis,
faire l'amour en vainqueur et plier sous le plaisir.

Fantasmes.

Par Hemipresente - Publié dans : En douceur
Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 14:01

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Le menton reposant sur mes genoux, les bras enlaçant mes jambes, j'observe la ronde d'un oeil pétillant, sans y prendre part je prends ma part du bonheur qui s'en dégage, pas vraiment absente, pas vraiment invisible, là est ma place, qui intrigue ou agace ou attire, viendra qui voudra, mon sourire est offert.

Par Hemipresente - Publié dans : Rien de spécial
Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 14:00

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