Je m'engage

La crise en Guadeloupe me fait marrer ....
Non je t'arrête tout de suite, lecteur, ce n'est pas la situation qui me fait marrer, pas la merde dans laquelle se trouvent les gens, non ! Ca ferait plutôt pleurer.
Ce qui me fait marrer c'est cet absolu ébahissement des métropolitains téléspectateurs qui découvrent dans leurs DOMs l'existence d'un système pourtant on ne plus classique de cooptation interclasse et interrace, de mariages entre-soi, de détention des moyens de production dans les mêmes mains depuis des générations etc.
On se lamente et on pousse de hauts cris parce que c'est visuel, on crie au racisme, parce que là bas les possédants sont les blancs.
Ici aussi, bien sûr, mais ça se voit moins.
Le racisme de classe ne choque personne alors que chacun en est victime. Ce sont les mêmes familles qui possèdent les grandes entreprises depuis les siècles des siècles, les mêmes riches qui se marient entre eux pour pas se faire piquer le grisbi, les mêmes possédants qui confisquent l'accès aux hautes fonctions (allez tenter de bosser au quai d'Orsay sans un nom à particule pour voir ...)... et ça n'étonne personne.
Ca se voit moins et pourtant c'est strictement codifié selon les mêmes mécanismes qu'en Guadeloupe.
Mais ici personne ne se révolte.
Marrant.

_________________________

(1) ce mot de nègre, si je n'avais pas entendu les copains noirs l'utiliser, j'aurais pas pu. Il pue.
Par Marie-Laetitia - Publié dans : Je m'engage
Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /2009 10:03

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Le Parisien, celui qu'il vaut mieux avoir en journal, nous signale sans ambages que Sarkozy est pour un congé parental "plus court".
http://www.leparisien.fr/societe/sarkozy-pour-un-conge-parental-plus-court-13-02-2009-410066.php
en substance.

Bon ... Pour être moi-même mère de deux enfants dont la petite dernière vient de passer la barre fatidique des trois ans - fatidique car la compensation (dans mon cas vu mon salaire qui frôle la barre des quinze cents euros sans l'atteindre ça compense ....) du temps partiel consentie par la caisse d'allocations familiales cesse le mois précédent le troisième anniversaire de l'enfant, dont acte : trois cents euros de moins par mois, gloups ... - or donc, en tant que maman d'enfants en bas âge, employée de l'Etat et épouse d'un chômiste, je peux en témoigner : faire garder ses mouflets d'âge préscolaire ça n'est pas donné à tout le monde. Non seulement c'est le parcours du combattant pour trouver une "solution de garde" mais ça coûte un bras !

Je cause pas des petits veinards qui ont trouvé une place en crèche, ça concerne une minorité de chançards ou magouilleurs. C'est tellement si rare que quand ça vous arrive on vous regarde comme une personne influente en vous soufflant à mi-voix "ah bon, tu connais du monde ? non parce que moi ma fille ...". Non je cause de toute la foultitude des autres gens, les normaux et les poissards, qui mettent leurs mômes en nourrice - oups pardon on dit assistante maternelle agréée depuis un paquet de temps.

Pour vous situer si vous avez plus de cinquante balais, une assmat c'est un budget d'au moins six cents euros par mois si vous êtes en province, de neuf cents à mille sur Paris et banlieues cossues. Eh vi, ça troue le cul mais c'est vrai.
Donc, au bout de six mois, quand vous n'aurez plus de rein, d'ovules ou de moelle à vendre, vous vous rendrez à l'évidence si vous êtes une femme et au SMIC : ça vous coûterait moins cher de rester à la maison.
Faites le calcul avec moi (faites semblant quoi) frais de transport pour aller au boulot + frais de bouche pour y déjeûner + impôts sur le revenu bien plus importants quand vous bossez + frais de garderie et cantine pour vos aînés si vous en avez déjà, tout cela déduit de votre salaire en sus du salaire de la nourrice... beaucoup jettent l'éponge jusqu'aux trois ans et la salutaire entrée en Maternelle (qu'on voudrait aussi nous supprimer mais passons pour aujourd'hui) du petit dernier.

Heureusement ! Heureusement, notre merveilleux Président à inventer l'eau tiède a trouvé LA solution !

Aussi révolutionnaire et inventif que celui qui proposait de supprimer les places de parking pour inciter les gens à ne pas prendre leur voiture dans une ville surpolluée (ne cherchez pas trop loin c'est vraiment facile .. et pourtant c'était une idée de gauche, vous voyez je suis open, la connerie n'a pas de couleur !), il suggère, propose et incite à diminuer le congé parental pour que les femmes rebossent plus tôt parce que trois ans c'est mauvais pour leur carrière....
Mais comment se fait-ce-t-il qu'on n'y avait pas pensé avant ? me direz-vous.

Et je vous répondrai : Parce que c'est con comme une chaise.

Congé parental de deux ans, ça veut dire quoi derrière ? Que les femmes aux deux ans du mouflet qui se sont arrêtées de travailler pour de basses raisons matérialistes - oui la femme smicarde fait montre d'un déplorable manque d'ambition professionnelle ... - vont retourner au boulot de force, vont au passage en chier des ronds de chapeau pour trouver une nourrice pour juste un an, parce que ne rêvons pas, la place en crèche elles l'auront pas, la famille va donc en baver pendant au moins une année entière (voire plus si leur gamin est né entre janvier et juin) et s'endetter pour payer l'assmat.

Sérieusement, le travail des femmes je suis à huit mille pour cents POUR. C'est indispensable, c'est une conquête qui doit être chaque jour consolidée.

Mais bordel de Dieu ! faut mettre les moyens pour que ça se fasse correctement ! Garantir la parité des salaires ! Obliger les hommes à prendre un congé paternité de la même longueur que le congé maternité ce qui supprimerait une bonne fois ce motif de discrimination à l'embauche ! Faire enfin de la garde des enfants de moins de trois ans un service public, avec des structures financées par des fonds publics et des personnels formés en permanence !

Le problème est un tout petit peu plus complexe que la création de "200 000 places supplémentaires de garde pour les enfants de moins de 3 ans à l'horizon 2012" ! Tiens, arrêtons-nous juste à ça, pour rigoler un coup ... Ce chiffre totalement surréaliste nous prouve à lui seul à quel point on se fout de notre gueule. Le dixième ne serait pas atteignable dans un tel délai ! Vous les prenez où, les professionnels pour encadrer les 200 000 mouflets, prêts et opérationnels pour dans 3 ans ? Vous les mettez où, les gosses ?
Faut arrêter de prendre les gens QUE pour des cons ou des électeurs, ce qui, on serait tenté de le croire pourtant, ne se recouvre pas. Sérieux, on a bien rigolé mais là on sature.
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Je m'engage
Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /2009 18:06

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Libération publiait le 4 février un article sur cette reculade peu relayée dans les média ... Mais pour l'heure on a gagné une bataille !!! Hortefeux nous assure - et nul n'est en position de mettre sa parole en doute, j'éditerai au besoin lorsqu'il sera temps ... - en substance :

"Je m’y engage, il n’y aura ni fermeture ni abandon des centres locaux du Planning familial, en tout cas pas de la part d’une décision de l’Etat"

C'est par ici que ça se lit, et c'est Marie qui a eu l'oeil :
http://www.liberation.fr/societe/0101316915-hortefeux-cede-sur-le-planning-familial

Restons vigilants, restons armés, restons présents. Nous ne devons plus rien laisser faire. Jamais.
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Je m'engage
Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 11:39

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Vous avez été nombreux à manifester votre surprise, votre désarroi ou votre colère, ici ou sur mon adresse mail, en réponse au post par lequel j'attirais votre attention sur la baisse (le sabrage, la strangulation, que sais-je ...) des crédits du Planning familial. Il faut croire que nous avons été nombreux à relayer cette information, le Planning lance sur son site une pétition, qui si elle n'a pas d'effets directs aura au moins le mérite de montrer que cette organisation est aux yeux des français de tout bord, de tout milieu, le symbole actuel, précieux et vivant du droit à l'information sur la sexualité, et qu'il doit être aidé et soutenu ! Pour que dans ce pays l'accès aux moyens de contraception soit une réalité, sans honte et sans tabou, pour que l'avortement ne soit pas la seule issue à une sexualité mal comprise, pour que les grossesses soient l'aboutissement d'un désir d'enfant, et que les grossesses non désirées puissent être interrompues dans le respect de la loi pour préserver la vie des mères, pour que la connaissance de son corps et de celui de l'autre conduise au respect, loin des clichés et idées fausses abondamment véhiculés par la pornographie, pour tout cela et bien plus encore :

SIGNONS !!!  http://www.planning-familial.org/petition-defense-loi-neuwirth/?petition=6
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Je m'engage
Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 09:31

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Le planning familial fait circuler cet appel, et il m'importe au plus haut point de le relayer.
A votre tour, criez-le haut et fort, car Sarkozy c'est aussi cela, couper les vivres aux associations, rogner les droits des femmes sans toucher ouvertement à leur principe et à leur proclamation, non... plus insidieusement, en les rendant inapplicables ! Nous devons nous battre pour préserver nos droits !

EDIT : Pour répondre à Matthieu, la source de cette information réside dans la loi de finances pour 2009, crédits en 2008 = 2,5 millions d'euros   -  crédits en 2009 = 1,5 millions d'euros. Soit une baisse de 40%.

____________________________________________

LE PLANNING FAMILIAL LANCE UN APPEL :
L’Etat programme l’arrêt, dés 2009 de toutes les interventions quotidiennes des associations mettant en oeuvre depuis 40 ans la Loi Neuwirth !En diminuant de 42 % pour 2009 (et de 100% en 2010) dans le Projet de Loi de Finances le montant des actions déconcentrées sur le conseil conjugal et familial, l’Etat programme donc à très court terme la suppression totale des acteurs intervenant sur le droit à la sexualité.
La conséquence immédiate pour 2009 pour notre mouvement est la disparition annoncée d’1/3 de nos associations départementales, intervenant au plus prés des publics concernés.
Disposition relevant du Titre 1 de la Loi Neuwirth (déc. 1967), il est inconcevable que l’Etat n’affirme plus l’exigence de l’éducation à la sexualité, le droit des personnes à une information sur les droits sexuels et reproductifs.
Est-ce pour le laisser à la volonté de quelques associations bénéficiant d’un soutien à une autre politique ou pour laisser cette information à la loi du marché ?
Cette mission d’utilité publique a pourtant été explicitement confiée et organisée par la Loi Neuwirth aux associations.

Le Planning Familial organise un point presse :
Mardi 27 janvier 2009 à 14h30 au 4, square St Irénée, 75011 Paris, M° St Ambroise
en présence de Claire Simon, réalisatrice du film « Les bureaux de Dieu ».
Sont également attendus sous réserve de disponibilité, des actrices du film et des personnalités souhaitant soutenir ces activités essentielles"

Contact :
Marie-Pierre Martinet : 06 70 19 83 48 - mpfpf@planning-familial.org
Par Marie-Laetitia - Publié dans : Je m'engage
Dimanche 25 janvier 2009 7 25 /01 /2009 20:02

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Bah non toujours pas.

N'empêche ... Les USA semblent s'engager dans une voie différente, mettant à la tête de leur pays un homme pas complètement blanc (haaaaaaan!!! gaussez-vous, mais c'est pas demain la veille que ça arrivera en France les potos) et qui a proposé des mesures pas complètement libérales sur la foi desquelles il a été élu !

Ca se passe loin d'ici, mon chéri est toujours sur la sellette dans son boulot, on est toujours dans la crise et le caca, mais ca me fait chaud au coeur. Si ça a bougé là bas, ça doit pouvoir bouger ici non ? Faudrait déjà que le PS se positionne comme l'incarnation du changement, et pour ce faire choisisse une figure pour l'heure inconnue ... Va savoir ... Tout peut arriver ...

Sous nos latitudes grève SNCF qui démarre ce matin. Bon courage à tous. On les aura. Mais si, un jour on les aura. Mais faut rien lâcher, il nous reste déjà plus grand chose.
Par Marie-Laetitia - Publié dans : Je m'engage
Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /2008 11:11

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Monsieur le Président,

Je n’ai pas voté pour vous, et chaque jour je m’en félicite.
Néanmoins, malgré toute l’énergie que j’ai pu employer à vous combattre et à batailler autour de moi pour ouvrir les yeux de mes amis qui vous destinaient leur voix, vous avez été élu. A défaut de vous estimer en tant qu’être humain je vous dois et vous accorde par égard pour la représentation démocratique le respect dû à votre fonction. C’est à ce titre que je vous adresse aujourd’hui cette lettre.

Monsieur le Président, la France va mal. Issue de la classe moyenne et n’ayant pas trouvé le moyen, malgré de belles et bonnes études dans les meilleurs lycées et universités de notre pays qui m’ont amenée à côtoyer l’élite de ce pays et parfois à travailler avec elle, n’ayant pas trouvé le moyen de m’en extraire, je la connais et la côtoie depuis toujours, et suis en mesure d’en dresser le portrait, dans tous ses multiples visages. Pour vous parler aujourd’hui, je m’arroge le droit d’être pour une fois, une unique fois, son porte-parole. A ce point de mon développement, je vous dois un précieux éclaircissement, car je pressens que votre acception de ce terme (classe moyenne) n’est hélas plus d’actualité. Vous y voyez sans doute cette petite bourgeoisie de province qu’elle était hier, cette masse immense et laborieuse d’individus gravitant à quelques dizaines d’euros autour du salaire médian et jouissant avec deux actifs au foyer d’une vie relativement confortable, à l’abri des infortunes et de la pauvreté, payant ses impôts sans difficulté et ayant accès sinon à l’élite du moins à certains rêves pour elle-même et sa descendance. Hélas, trois fois hélas, vous vous méprenez gravement. Ceux qui, hier, trouvaient dans cette classe moyenne un confort de vie appréciable : fonctionnaires ministériels ou territoriaux de catégorie A, professeurs des écoles, cadres moyens, techniciens supérieurs, petits artisans, souvent des femmes travaillant à temps partiel ….  ceux-là sont à présent les oubliés de notre société. Par un système d’effets de seuil des plus pernicieux, ils ne sont attributaires d’aucune aide sociale. Là où ceux qui sont le plus en difficulté sont (et c’est heureux !) aidés et pris en charge, la classe moyenne ne perçoit que les seules allocations familiales d’un montant tout à fait dérisoire pour un et deux enfants c'est-à-dire pour la grande majorité des foyers. Ils ne sont pas éligibles, non plus, aux habitations à loyer modéré. Ils ne bénéficient pas de prise en charge pour leur santé, ni d’aide juridictionnelle lorsque survient un litige dont ils ne peuvent venir à bout qu’en ayant recours à la Justice. Ils ne peuvent prétendre aux prêts aidés à taux préférentiel pour acheter un appartement ou une maison, ils n’ont pas droit aux allocations logement, et leur taux d’imposition quoique relativement peu élevé les place sans que leurs revenus soient suffisants dans les foyers qui paieront le plus chèrement les activités et gardes de leurs enfants, dont le prix est indexé sur le quotient familial. En proportion de leurs revenus, ils sont ceux qui payent le plus pour recevoir le moins…

C’était tout à fait tenable jusque dans les années quatre-vingt-dix, où les prix de l’habitat, de la nourriture, et des combustibles, étaient raisonnables. C’est devenu beaucoup plus inconfortable aujourd’hui, pour peu qu’ils aient eu la mauvaise idée de procréer et de vouloir offrir à leur pays de futurs cotisants en puissance. Regardez avec moi … Je perçois mensuellement un traitement de 1450 euros pour un 80% ; mon époux payé en avances sur commissions et qui travaille cinquante à soixante heures par semaine, peut au mieux espérer toucher 1500 euros par mois. Les allocations familiales nous versent pour nos deux filles la somme mirifique de 425 euros mensuels, qui sera sabrée de 300 euros lorsque la cadette aura atteint l’âge de trois ans c'est-à-dire dans trois mois à peine. Nos revenus seront alors les suivants : 3000 euros par mois. Nous sommes en plein cœur de la classe moyenne n’est ce pas ? Voici nos dépenses mensuelles :
Remboursement prêt maison : 1100 euros (nous habitons en région Centre alors que nous travaillons tous deux en région parisienne, les prix y sont en effet inaccessibles à notre bourse)
Remboursement prêt voiture : 130 euros
Assurance voiture : 100 euros
Assurance maison : 50 euros
Mutuelle : 80 euros
Frais de syndic : 160 euros
Electricité : 80 euros
Fioul lissé sur l’année : 100 euros
Abonnement carte de transport madame : 80 euros
Frais essence monsieur : 200 euros
Impôts sur le revenu : 90 euros
Impôts locaux : 90 euros
Crèche de la cadette : 260 euros
Cantine et périscolaire de l’aînée : 160 euros
Pour régler les frais inhérents à notre déménagement, nous nous sommes en outre endettés en contractant un credit revolving qu’il nous faut aujourd’hui rembourser mensuellement pour un montant de 130 euros.
Une fois toutes ces dépenses réglées, il nous reste si vous faites le calcul comme moi 300 euros pour acheter à manger, nous vêtir, prendre en charge les dépassements de frais de santé malgré notre coûteuse mutuelle. Où est la place pour les loisirs, les vacances, le plaisir ?? Nous avons tout juste assez pour simplement manger !
Avez-vous déjà essayé, Monsieur le Président, de nourrir quatre personnes et deux animaux pour 300 euros par mois ? Notre quotidien est fait de renoncements, d’inquiétudes, de colère, de frustrations. Ce n’est pas du superflu que nous devons nous priver, c’est d’essentiel ! Imaginez-vous devoir temporiser des soins dentaires ou l’achat d’un nouvel équipement de sport pour vos enfants parce que « le mois est déjà fini » ? Imaginez-vous devoir acheter les vêtements de vos enfants d’occasion sur un site de vente aux enchères ? Que l’un de nos appareils électroménagers vienne à tomber en panne et nous devrons une fois encore emprunter de l’argent à nos amis, notre famille, ou contracter un nouveau crédit ! Comment pourrions-nous, dans ces conditions, envisager d’épargner ? Nous ne sommes pas même en flux tendu, nous sommes pris à la gorge.

Autour de nous, partout, les couples avec enfants sont dans des situations similaires. La colère gronde. Le sentiment profond d’injustice nous étreint. Monsieur le Président, combien de temps pensez-vous que votre pays puisse endurer pareille tension et supporter le discours lénifiant et culpabilisant que vous distillez à longueur d’antennes en prétendant « remettre au travail » des gens qui s’y TUENT déjà ? en prétendant qu’il nous suffit de travailler PLUS pour nous en sortir là où nous ne pouvons tout simplement pas le faire ? Si demain je reprends un poste à 100 %, qui gardera mes enfants le mercredi ? La différence de salaire viendra tout juste me servir à rémunérer cette personne ! Il n’y a pas de solution ! Il n’y a pas d’ailleurs ! Croyez-vous que nous pourrons longtemps survivre ainsi, dans cette odieuse précarité qui nous fait honte malgré toute notre volonté, tout notre travail, et qui nous tue à petit feu ?

Monsieur le Président, aux prochaines élections, je ne voterai pas pour vous. Et une fois encore je me battrai pour qu’autour de moi chacun ouvre les yeux sur votre incompétence et votre aveuglement. Que vous n’ayez en votre pouvoir aucun levier susceptible d’enrayer la crise économique est une chose et personne ne peut vous en tenir rigueur, que vous refusiez d’ouvrir les yeux sur le quotidien de vos concitoyens est en revanche absolument inadmissible et moralement indéfendable. Celui qui prendra votre succession aura en héritage un pays moribond au bord de l’explosion, et sans doute aurai-je encore à combattre certaines de ses mesures ou idées lumineuses d’économiste détaché de la réalité, mais il ne pourra faire pire que vous et mépriser plus ouvertement ses administrés.


Marie-Laetitia Gambié

Si vous souhaitez relayer cette lettre ouverte faites-le. De toute manière elle n'aura aucune incidence alors ...

EDIT1 : "on" m'écrit que j'avais qu'à mieux travailler à l'école ... Alors mettons bien les choses au clair. Mon chéri a un bac + 3 en Histoire et un Master en multimédia. Quant à moi après avoir fréquenté les bancs du plus prestigieux lycée de France j'ai décroché un bac + 5 en Droit public et commencé une thèse que j'ai laissé tomber pour de basses raisons matérielles qui ne regardent que moi. Alors ceux qui pensent qu'on n'a rien foutu à l'école et que c'est bien fait pour notre gueule, qui sont sans doute les mêmes qui croient encore (ils vont déchanter avec leurs gosses) que les études sont une garantie de réussite professionnelle : JE LES EMMERDE !

EDIT 2 : Pour Soleh et tou(te)s les autres. Que diras-tu à ta fille ? Nous voici aujourd'hui, déçus, blasés, nous posant la question fondamentale du devenir de nos enfants, partagés entre ce découragement immense et justifié devant les quarante années de cotisation nous séparant encore de la retraite et cette foi indéfectible dans le bien fondé d'une volonté de se Cultiver. Elle est vaine, la vie de celui qui n'a rien appris. Je ne veux pas que la vie de mes filles soit vaine, je ne veux pas qu'elles arrivent au bout de leur âge en n'ayant pas plus vécu que des bêtes ! Voilà ce qu'on nous confisque : l'espoir, la Culture, la Connaissance, parce qu'en l'espace d'une génération et demie le bagage universitaire a cessé d'être une garantie de vie meilleure ! Alors on se résigne et on fait ce qu'au dessus on veut faire de nous, du bétail qui se reproduit et produit, et qu'on entretient tout juste assez pour qu'il ne crève pas, ou on se bat et on essaye de faire comprendre à nos enfants que la fac, non décidément, ça ne les fera pas manger, mais ça leur permettra peut-être de se battre avec d'autres armes que leurs poings. Le népotisme de classe n'a jamais été si féroce : même dans les années 20 le taux d'accession des classes les plus défavorisées aux très grandes Ecoles était plus élevé qu'aujourd'hui ! Et on reste immobiles et endormis, raccornis sur les quelques possessions matérielles qu'on nous a tant fait miroiter qu'elles nous ont aveuglés tout à fait ? Je ne veux pas accepter ça ! Je ne l'accepterai jamais ! Je ne suis pas née vache j'en ai marre qu'on me traie toute ma vie avant de vendre ma barbaque, merde !
Par Marie-Laetitia - Publié dans : Je m'engage
Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /2008 14:30

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