Déjà gamine ça ne loupait ja-mais : je tenais bon pendant sept semaines, luttant âprement contre les microbes,
puis dès le premier jour des vacances les vaillantes petites défenses immunitaires qui avaient repoussé encore et toujours l'envahisseur (Asterix à la mode Actimel, voyez ?) capitulaient et
c'était la curée. Haro sur les ganglions ! Sus aux amygdales ! Otite ! rhinopharyngite ! bronchite ! sinusite ! rhinite ! laryngite ! trachéite ! Ramenez-vous par ici, c'est la teuf ! Toutes les
"-ites" paradent !
Cette année c'est un peu revival du coup : entre le Viking, les puces et moi, ça fait un mois et demi qu'on est dans la
morve. Jaune, puis verte, puis parfois un peu sanglante.
A force d'ordonnances et d'automédication, forcément, je suis devenue la meilleure copine de ma pharmacienne, qui, dès que je franchis les portes automatiques sort l'Efferalgan pédiatrique des
rayonnages. Oh elle me connaît bien maintenant : elle a enregistré que ma carte vitale ne fonctionne pas et que j'en attends une nouvelle depuis plus de six mois, elle sait où j'habite et qui est
mon médecin traitant, on papote de tout et rien pendant qu'elle remplit mon sac d'une nouvelle fournée d'antipyrétiques - antalgiques - antitussifs pour la semaine. Elle est sympa, et je ne
devrais pas lui en vouloir au fond....
Mais quand même...
Quand même, hier, elle m'a achevée...
"Bonjour Madame Gambié ! Comment allez-vous aujourd'hui ?"
Par Marie-Laetitia
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Publié dans : Humeur du jour
Dimanche 1 novembre 2009
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05:43
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Parfois y'a que deux choses à faire : écrire, puis cuisiner. Alors voilà, j'écris beaucoup, je me soigne comme je peux et .... je prends des kilos.
Tarte sablée aux poires à la cassonnade. Baguettes. Petits pains au lait.
Poulet aux fèves fraîches. Financier au chocolat. Tarte aux framboises. Côtes de porc marinées. Gratin dauphinois. Lasagnes. Canellonis. Purée rose. Beignets de pommes de terre. Soupe de fanes de
radis à la crème fraîche...
Par Marie-Laetitia
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Publié dans : Humeur du jour
Samedi 23 mai 2009
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23:11
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A l'angle de la pièce, mon
araignée. Sa vaste toile tremble dans l'air léger que soulève le convecteur, elle ondule et se tord, retenue en deux points par les sacs demi-morts que la tissandière se garde de côté pour plus
tard et qui zonzonnent encore, de ci de là, fin d'agonie, réflexes, sursauts, digestion anticipée des moelles. C'est une de ces frêles créatures au ventre en grain de maïs monté sur des échasses,
comme encombrée dans ses filins, confuse, maladroite d'apparence, et pourtant précise et chasseresse dans ce mouvement démultiplié de bras avides, pourvoyeurs méticuleux de nourriture. Un souffle
l'aplatit, un frôlement l'effacerait, elle n'existe que par le seul miracle de ma capacité toujours renouvelée à contenir dans les limites de la raison ma répugnance à son endroit. Je la tolère.
Et pourtant ... Je la sais vivante, mobile, aux aguets, soigneuse de gagner le point le plus haut, hors de portée de mon bras emmanché d'un balai, l'intelligence du prédateur de grade inférieur,
éradicable sans doute mais bien présent. Il nous faut donc cohabiter. Elle ne sait pas même que mon monde englobe le sien, et je tâche de ne pas toujours me rappeler qu'elle existe,
quotidiennement nous nous croisons et nous fuyons. Je la cherche en entrant, quel point aura-t-elle gagné ? Il m'arrive de l'oublier tout-à-fait ! de la nier, de longues semaines ! de l'enfouir,
de la cacher profond, loin, derrière, de feindre de ne pas voir les cadavres minuscules au bas de sa toile... Cette trêve bancale dure parfois des mois ... Mais toujours elle demeure. Ni plus
grosse, ni plus légère qu'avant. Aussi éternelle que l'herbe.
Par Marie-Laetitia
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Mardi 10 février 2009
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23:14
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Les taggers me gonflent mais là on est pratiquement dans le dessin politique ... De grâce, ne me demandez pas qui tient la carotte,
et si vous vous reconnaissez dans le mouton z'aviez qu'à mieux voter...
Par Marie-Laetitia
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Vendredi 26 octobre 2007
5
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11:04
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Que des majuscules dans ma tête ! Que des cris !
Arrête de hurler ! Tu fatigues ! Tu vas encore être épuisée ce soir !
Oh les sons enrobés d'un brouillard métallique ! Les tressaillements irrépressibles ! Les poils hérissés au moindre contact ! La conscience ultramyope de chaque morceau de peau sous les
vêtements, la lassitude et l'hyperactivité ! Pour combien de jours encore l'épuisement, le sevrage, l'hypoglycémie, le manque, l'agacement permanent à fleur d'idées, le voile rouge devant les
yeux, la bride prête à péter sur la colère - injuste - contenue par miracle et qui ne cesse de gonfler, gonfler, gonfler, ma tête ne peut pas contenir tout ça et ça gonfle encore, encore, encore
! C'est inimaginable ce que ça contient de flotte un ballon de baudruche ! Pas une minute facile, pas une seule ! Même la nuit ! Même dans mon bain, même aux chiottes, même en mangeant ! Tu crois
que c'est facile c'est ça tu crois que ça se fait comme ça ? Tu as déjà essayé toi ? Tu as déjà réussi peut-être, tu as déjà vécu ça ? Ah ben oui y'a qu'à, faut que, forcément vu comme ça,
et puis fallait pas commencer aussi tant qu'on y est ? Je fais ce que je peux, je fais au mieux, là tu es content, et si tu me juges eh bien tu fais un piètre juré, t'as pas lu le dossier, t'as
pas les rapports d'experts ! T'es pas qualifié ! Je suis la seule ! Je suis seule. Voilà. Ca se fait seul.
Laisse-moi va, je n'ai pas envie de raconter encore, tu ne comprendrais pas. Laisse-moi je suis fatiguée maintenant. La tension retombe après les cris, comme toujours, on commence par
pleurer de rage et à la fin ...
Par Marie-Laetitia
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Jeudi 24 mai 2007
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/2007
11:38
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Le ciel s’étouffe, bleuit. L’air alourdi se fend comme une pâte et se referme de même, poussant sur toute chose. Il cloue les insectes au sol, éreinte les arbres. Ecrasés sous leur poids, les nuages cèdent enfin. Une goutte chasse l’autre. Le crissement agaçant des essuie-glaces : il faudra changer ce balai. Devant et après moi la route s’efface. Ca tambourine à mille doigts sur la tôle. Les marques blanches s'estompent, la voiture s’agrippe au torrent crépitant, la route se hérisse. Avec l'espace, le temps disparaît. Entre rien et rien on est au milieu de nulle part, à peine si on se sent avancer, bercé, noyé, en bulle. Le soleil devient une idée ! Il lui faudrait trop d'énergie pour trouer ça.
Par Marie-Laetitia
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Dimanche 25 mars 2007
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