Je n'aime pas voir les tripes, partout, tout en désordre, mêlées de crin et d'herbes folles. C'est dégoûtant et
ça sent fort. Mais tu t'y prends si joliment, ton cul tapi derrière une motte, avant le bond tant que tu feules, pour les extraire des oiseaux que tu déchiquètes à pleines griffes ...
Je n'aurai pas le coeur, même retourné au bord des lèvres, de te faire quitter ta proie.
Tu chasses étripes étêtes et bouffes, ainsi qu'un chat doit savoir faire, si gras, nourri, feignant sois-tu. Et maintenant les plumes qui volent, tu as sans doute trouvé le nid, tu extermines la
couvée après avoir mangé le père (1).
Quelle merveilleuse machine de mort, toute d'instinct et de pulsions !
Tu me reviens ensanglanté, paisible, du duvet plein les babines, ronronnant, ta pupille dilatée à l'extrême se rétracte pianissimo laissant en lisière de ton cristallin un halo rouge qui te
fait les yeux fous. Il est heureux pour moi que je pèse quinze fois ton poids, mon beau chat ...
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(1) le père oui, pourquoi ce serait forcément la mère ?
Par Marie-Laetitia
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Publié dans : Rien de spécial
Mercredi 16 juillet 2008
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