Ma colère

Ah la vache qu'est-ce que ça bousille l'intérieur cette saleté. Faudrait que ça pète et puis ça pète pas ! Mais ça grossit quand même au fil des phrases et du je ferme ma gueule. Si ça se trouve c'est comme ça qu'on prend du poids, de tous les mots qu'on s'est gardés dans la bouche et qu'on a déglutis sans en avoir le goût... Quand j'étais gosse je pleurais dedans, je sentais les larmes tsais, je pouvais même les voir comme si j'voyais l'intérieur d'une tête de poupée toute creuse qui coulaient sur mes joues mais dedans, je voyais même la lumière toute orange à travers les paupières fermées. Pas moyen de faire bonne figure quand ça me prend comme ça, et pi si j'en laisse trop voir et qu'on me demande si je fais la gueule et pourquoi, je sais que ça va tout péter et qu'y aura des morts pour sûr, je tirerai pas souvent mais ce sera pas des balles en caoutchouc tsais, ça sera du brut avec une tête fendue en quatre du genre qui s'écarte bien quand elle atteint sa cible pour faire plus de dégât. Je vois trouble, j'serre les mains sur ma tasse et dans ma bouche les dents à m'en dézinguer les plombages, ça grince pour sûr ça sent le vieux tortillard aux freins trop chauds qui marchent tellement plus bien qu'il faut que le machiniste il freine depuis le départ de la station d'avant ou qu'il accélère même plus. J'en ai des odeurs et des goûts sur la langue, un peu de sang dans le frémissement de la narine, ah putain de putain ce que ce serait bon que ça pète... Et puis rien, je referme la porte et je respire à plat, je redescends l'aiguille dans la zone verte, je prends soin de pas cogner la cuillère sur les coins de la tasse ronde, ouais les coins, pour pas la faire exploser tellement que j'tremble. Ouais. Faudra bien que ça pète un jour sinon ce sera mon cerveau qui va me sortir par le nez et pi se jeter en avant et gloutonner tout le réel qui me tue.
Par Mariléti - Publié dans : Ma colère
Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /2009 23:37

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Notre gouvernement à nous qu'on a nous a pondu pour le premier de l'an 2009 une innovation nouvelle qu'elle est neuve. Il a touuuuut révolutionné le droit de la micro-entreprise pour nous inventer ... l'auto-entrepreneur ! C'est un très beau nouveau statut à nous qu'on a, qui permet de cumuler au choix salariat, fonctionnariat, retraite, ou assedic avec une petite affaire qu'on monte soi-même. Et puis c'est formidable, on peut tout faire de chez soi avec son nordinateur ! Et on paye presque rien dans les impôts à nous puisque c'est un nouveau statut alléchant qu'on vous dit !

67000 créations d'auto-entreprises depuis le début de l'année ! Formidable ! On se frotte les pognes au Gouvernement : voilà un chiffre qu'il est beau, on a remis les feignants au boulot et la France en marche !


A y regarder de plus près (lisez donc ici pour voir :
 http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article
1769) les avantages mis en avant fondent comme une subvention étatique dans les mains d'une banque privée. Pas de prise en compte lors du règlement du prélèvement libératoire de la composition du foyer, pas de système de progressivité de l'impôt (on paye au forfait, pas sûr d'y gagner au total) .... Un revenu imposable très souvent supérieur au revenu réel par le jeu des calculs ... des taux de cotisation pour obtenir une couverture sociale strictement identiques à ceux, exorbitants, aujourd'hui demandés aux MICRO-entrepreneurs .. Flou artistique global sur la situation du cumulard (salarié, retraité ou fonctionnaire) ...


Bon, passons donc grossièrement et sans fouiller plus avant sur l'absence d'intérêt que représente ce statut pour celui qui s'y colle à temps plein en lieu et place de son emploi salarié ou pour sortir du chômage. Pour lui il n'y a pas de plus value par rapport au système antérieur. L'article que je cite le démontre hélas très simplement.

Mais alors mais alors ... .qui c'est il donc qui va y trouver un intérêt certain, à ce nouveau statut et à sa surmédiatisation ?

Le chef d'entreprise de 52 employés, bien emmerdé d'avoir dû satisfaire aux dispositions législatives lui imposant une représentation syndicale dans son entreprise (de plus de 50 salariés), ne sera-t-il pas un tout petit peu tenté d'inciter fortement 3 employés à se lancer, à constituer leur entreprise, pour leur payer sur factures des prestations qui, même sur un temps plein, ne lui coûteront jamais autant qu'un emploi salarié avec les charges sociales afférentes ? Non, c'est vrai, je vois le mal partout.

EDIT : faites bien vos calculs. Sérieusement. Avec un pro si besoin. Et n'hésitez pas à consulter le 0811 90 00 99 qui est certes un numéro vert gouvernemental mais présente quelques symptômes d'impartialité (j'ai testé ...) dans ses réponses. 
Par Marie-Laetitia - Publié dans : Ma colère
Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /2009 23:46

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1996, université Paris 2. Licence en Droit.

 

Au gré des options, le profil du juriste se dessine déjà : futurs avocats, futurs managers, futurs DRH ... et puis ceux qui ne peuvent encore se résoudre à choisir entre droit privé, droit public, pénal ou social, les « sans futur » au fond. Bien sûr, je suis de ceux-là, ayant développé depuis ma première année une passion couronnée d'un certain succès pour les options inutiles, sans visée applicative directe (que ferons-nous donc demain de ces notions de « libertés publiques », « droit international public » «philosophie du droit » ?) merveilleuses matières, éthérées désincarnées, intellectuellement fascinantes mais dont on nous répète à l'envi qu'elles ne nous permettront guère de subsister.

Nous sommes une poignée à nous être orientés dans cette voie sans issue, par incompréhension encore de notre dégoût naissant pour ces études autant que par amour des idées, des mots, ou du débat. De cette poignée de doux rêveurs, une pincée a poussé le culte de l'inutile jusqu'à retenir en option supplémentaire, facultative, le TD « Histoire du Droit - II » ; est-ce le « II », qui sonne perfectionnement ou grosse production américaine qui nous a attirés ?

Une brunette souriante à large bouche, pas vraiment du groupe, nous colle de temps à autre, elle détonne un peu avec sa frange et son sac Vuitton ... Je finis par comprendre(1) qu'elle n'est pas vraiment désintéressée et qu'une collaboration avec nous pour préparer ses exams la brancherait assez, bon, je suis bien bonne, je l'invite à nous rejoindre. Elle est assez typique de ces damoiselles que l'on croise sur les bancs de la dernière fac de France à élire régulièrement des représentants étudiants d'extrême droite, crâne rasé et idées courtes, et pourtant je laisse la porte ouverte ...  Pendant plusieurs semaines nous travaillons d'arrache-pied, chez moi, en bibli, à la fac ... Nous échangeons notes de cours et pronostics de sujets de partiels, l'ambiance est studieuse, on bosse bien, on la délure un peu au passage, elle s'offusque souvent, ouvertement de nos gros mots, à mi-voix de nos idéaux. Le temps passe. Le joli mois de mai arrive, le mois de nos anniversaires, nous envisageons en riant une fête conjointe, plaisanterie tant nous savons que nos amis sont différents. Cependant ... Tout le monde semble gêné ce lundi matin en me croisant, les bonjour sont distants et les regards pas vraiment nets .... bon, j'ai dû faire une connerie, froisser quelqu'un, cela m'arrive sans que j'en aie conscience parfois. Sans saluer personne, la clope au bec, mon ami Guillaume me rejoint et m'interpelle, furieux : "Tu te demandes bien pourquoi tout le monde t'évite hein ? C'est ta chère copine, Sofia. Hier soir elle faisait une mégateuf figure-toi ; y'avait tout le TD ; j'y suis pas allé ; lorsqu'elle m'en a parlé elle m'a bien précisé qu'il fallait pas que je t'en cause vu qu'elle t'inviterait pas" .... je suis estomaquée, à la fois parce que cette salope m'a snobée, et parce que tout le monde a suivi !
"Apparemment y'avait la moitié de la fac"
"Elle t'a dit pourquoi ?"
"Ouais : je cite texto hein je voudrais pas déformer, tu fais pas assez Assas".
Ouais ... comme je ne faisais "pas assez Henri IV" lorsque j'y étais lycéenne, rejoignant quotidiennement le coeur du VIème arrondissement du fond de ma banlieue rouge et m'esbaudissant toujours de la beauté de ces murs où je ne me sentais pas à ma place ... comme je ne "fais pas assez" quoi que ce soit par calcul parce que cela demande trop d'énergie et que j'en manque pour ce qui ne m'est pas essentiel. 
Sur le coup ça m'a drôlement blessée, une belle blessure d'ego, de m'être fait embobiner à ce point par une saleté de petite bourge qui m'avait ponctionné l'intellect pour pas un rond pendant des mois, pas un rond, pas une camaraderie, pas un commencement de respect, rien. Et une belle blessure d'estime sociale de soi. C'est une leçon qui s'apprend à coups de baffes dans la tronche et de directs dans l'estomac. Il ne suffit pas de prétendre être au niveau, il faut avoir encore la bonne adresse, et la bonne lignée. On ne change pas de Classe comme ça.  
 
 

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(1) Oui j'ai la comprenette TRES lente

Par Hemipresente - Publié dans : Ma colère
Lundi 31 mars 2008 1 31 /03 /2008 06:30

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