Journal de bord de mère

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Mercredi, nous sommes allées faire arracher une dent à Mathilde.
Cette enfant a en effet une tendance très nette à vouloir développer une double dentition, et sa propension à ne pas vouloir laisser partir ses dents de lait même lorsque les définitives frappent au portillon "oh eh je suis là tu te casses maintenant tu as fait ton temps" m'inciterait presque à lui faire faire une psychothérapie tant elle est poussée jusqu'à l'extrême. Pour vous situer, grosso modo, depuis qu'elle est en âge d'avoir des dents qui bougent, c'est à dire depuis deux bonnes années, vu qu'elle tire déjà sur ses neuf ans -mon bébé ! snif - on a dû en voir tomber naturellement allez .. je compte .... une ! Chaque poussée dentaire est donc un drame, qui se noue à la maison et se dénoue après force pleurs chez le dentiste.
Et j'ai beau tenter de dédramatiser, je ne suis pas pleinement crédible.
Pourquoi ?
Parce que j'ai moi même des souvenirs pas émus du tout de mes passages chez le bouch... chez l'arrach... chez le dentiste quand j'étais môme ? Pensez donc, j'adorais ça, et j'y allais le coeur léger - ce saligaud soignait à vif et il fallait rester stoïque, je crois que c'était le pire dans la torture.
Parce que dès que je pénètre dans l'arrière boutique de l'un d'eux rien que l'odeur me fait hérisser le poil ? Que nenni, ces exhalaisons de bouches et de pansements aux relents d'éther me ravissent.
Parce que les bruits que l'on perçoit, à peine étouffés, depuis la salle d'attente me tétanisent ? Absolument pas. Et d'ailleurs à aucun moment je n'imagine le pauvre être sentant et souffrant dont je me sens si proche cloué à son siège qu'il étreint à pleines poignes, et jamais ô grand jamais je ne crois l'entendre gémir.
Parce que je n'y vais qu'à reculons et ne me laisse soigner qu'après un endormissement quasi total de la bouche ? Affolument fffa. Ve ne feux laiffer dvire une felle fove.

Pour toutes ces raisons à la fois ? Non il y a pire.

Alors bien sûr, avec toutes mes angoisses personnelles lorsque je l'accompagne, je dois prendre sur moi et je ne suis pas toujours certaine de lui être d'un grand secours. Je lui dis toujours, sourcils froncés mais bouche souriante, sérieuse et appliquée, que tout va bien se passer, et qu'elle n'aura pas mal, que les dentistes ne font pas mal, qu'ils sont là pour soigner et c'est tout. Ca a marché les premières fois. Si si.

Enfin jusqu'à ce qu'un auguste con lui arrache sans m'avertir une dent qui bougeait vraiment trop peu ... sans l'anesthésier. Eh si, ça existe.

Mercredi donc, elle est absolument terrorisée lorsque nous pénétrons dans le cabinet. J'explique au monsieur en blouse verte la raison de son effroi manifeste, et c'est à son tour de froncer les sourcils. Ah, l'espoir dans le genre humain renaît. Il fait asseoir ma grande "on va juste regarder". "On va juste regarder hein ?" demande-t-elle. "Mais oui". Elle suit le moindre de ses gestes des yeux, et c'est un regard de petite bête traquée qu'elle me jette, pourtant vaillante, dans un pauvre sourire. "Bon eh bien Mathilde je crois que ce ne sera pas pour cette fois. Il va falloir attendre qu'elle pousse un peu plus pour arracher la dent de lait. Si je l'arrache maintenant, la place va rester libre et les dents de derrière vont s'empresser d'avancer pour la prendre. Alors que si on attend un peu, ta dent définitive va pointer son nez assez pour que tu puisses la pousser avec ta langue et l'aider à prendre sa place. Donc ..." il se tourne vers moi "Il faudra revenir dans trois semaines". Le soulagement que je lis alors dans les yeux de ma fille n'est pas descriptible sans superlatifs. Immenssissime, quelque chose comme ça.

Dont acte. "Combien vous dois-je ?" "Oh rien"

Tout est donc bien qui finit bien ?

Non. Non parce que dans trois semaines il va falloir remettre ça. Mon sourire rassurant, son petit rictus vaillant, sa main qui serre fort fort la mienne, son pas qui traîne un peu sur le chemin, sa petite soeur qui meuble l'espace sonore... Allez ma grande, il y a bien une solution : faire tomber ta dent avant. Alors bouge-la un maximum ! Bravo d'avoir été si courageuse ma douce.

Par Hemipresente - Publié dans : Journal de bord de mère
Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 17:07

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Bon, on a tout essayé. La menace, la cajolerie, la récompense, la punition .... Rien. Rien n'y fait. Alors : COMMENT vous avez fait apprendre ces foutues tables à vos marmots ?

 

EDIT : on me parle table de Pythagore. Je connais, mais je ne vois pas en quoi ça aide ? Ca s'appuie sur une pratique quotidienne des multiplications j'imagine ?

 

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Par Hemipresente - Publié dans : Journal de bord de mère
Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 09:20

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coquillages

 

Mon évier est bouché et je ne sais absolument pas où j'ai foutu la ventouse.

Mes filles me manquent.

Il fait un temps de merde, on n'est pas près de mettre le cul dans la piscine.

Mes filles me maaaaaaanquent.

Mon frère ne m'adresse plus la "parole" depuis que j'ai attrapé une araignée avec la main ^_^

Mes filles me manquent, haaaaan comme elles me manquent.

Je vous ai dit que mes filles me manquent ? Leurs jeux, leurs disputes même, leurs cris, sortir avec elles, les regarder jouer en m'ennuyant fermement au parc voisin, ramer pour faire manger la grande, faire des câlins, recevoir des bisous, applaudir à leurs dessins et à toutes leurs créations, leur cacher qu'on va chez Disney, leur révéler qu'on va chez Disney, passer une journée à les regarder s'émerveiller, rire à leurs petites fesses blanches comme un cul - ben oui forcément - et au contraste avec leurs épaules bronzées, les écouter me raconter le camping, les copines, la piscine, la plage, faire des colliers avec les douze tonnes deux de coquillages qu'elles auront ramassés, aller se promener, les regarder faire du vélo ... Ah que le temps me dure sans elles !

Par Hemipresente - Publié dans : Journal de bord de mère
Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 14:03

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enveloppes

 

Chaque jour je prends ma plume. Enfin mon clavier. Il faut trouver un petit quelque chose à raconter, un petit détail à explorer, un petit truc à dire.
Le rituel est bien rôdé, j'ai même quelques lettres d'avance. Mes timbres sont prêts, les enveloppes déjà remplies.
A chaque jour une lettre, en attendant que mes filles soient assez grandes pour me répondre. J'ai hâte ! Recevoir un petit mot me ferai bien plaisir, mais je sais qu'il est encore trop tôt. Ou un dessin tiens ? Ca m'irait bien. Elles n'y pensent pas, et c'est tant mieux : c'est qu'elles s'amusent bien et n'ont pas le temps de nourrir cette nostalgie qui guide la plume.
Je leur invente des mini événements, je leur raconte la préparation de la rentrée, la recherche du cartable, je me remémore les longues cartes que m'envoyait mon papa, quotidiennement. C'était "trop bien" lorsque je m'usais les yeux à déchiffrer son écriture appliquée mais par moments illisible. Je leur épargne cette difficulté, j'imprime mes courriers, ainsi même Elsa peut tenter de me lire. J'en suis à neuf lettres, pour neuf jours d'absence. Ah le temps me dure ... Allez je file à la Poste, je ne voudrais pas rater la levée. A plus tard.

Par Mariléti - Publié dans : Journal de bord de mère
Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 13:14

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On les a accompagnées en TER jusuqu'à Montparnasse. C'était bondé. Elles se sont assises à côté d'une petite vieille à qui Elsa a fait la conversation, bon gré mal gré, pendant tout le voyage, commentant tout du paysage aux gares passées, et racontant sa vie menue et dense avec enthousiasme. La petite mamie était sous le charme. Forcément, qui peut résister à Zazou ? 

Le viking n'a pas trouvé à s'asseoir. Moi j'étais à côté d'une dame flanquée d'un bouquet de fleurs deux fois trop grand pour elle et dont j'ai profité tout le voyage. En face, un monsieur dormait d'un sommeil paisible. J'envie ceux qui peuvent s'octroyer ainsi dix minutes de repos au milieu de la cohue des grands départs. 

 

monsieur-qui-dort.jpg

 

C'est passé vite finalement, dans des parfums de lys et de roses, ce qui me changeait pas mal des relents d'aisselles qu'on respire trop souvent dans les transports en commun. On s'est faufilé dns la gare, ma doué le monde qu'il y avait, on a retrouvé les grands-parents quelque peu hébétés, on n'avait pas beaucoup de temps devant nous, juste celui de faire de gros bisous, d'aller en urgence acheter du dafalgan pédiatrique "parce qu'on ne sait jamais", de composter les billets, de faire les dernières recommandations "soyez bien sages, obéissez à Papi et Mamie, amusez-vous bien, écrivez-nous un peu" .... et puis c'était déjà l'heure de se quitter. 

Au retour, j'étais assise en face d'un immense monsieur aux longs pieds emmanchés de jambes interminables et nous avons eu bien du mal à trouver comment faire cohabiter nos quatre membres sans jamais qu'ils ne se touchent... Je m'en fichais un peu, j'avais la tête ailleurs, les yeux perdus dans ce vide où nous fait tomber le défilement du paysage. Je pensais à tout autre chose, à la reprise prochaine du boulot, à l'endroit où je vais atterrir, et qui m'est encore inconnu, à ce chemin que je referai bientôt quotidiennement.

A la maison, les chambres étaient bien vides. Enfin vides .... parsemées avec art d'un bordel savamment éparpillé.

Les doudous laissés de côté faisaient triste mine : seuls les préférés entre les préférés sont partis dans la valise. Winnie, Porcinet, Tigrou (oui nous sommes sponsorisés par Disney), Pinp2 (Pinpin est parti, lui qui a « les deux yeux qu’est content »), les mange-cauchemars (nounours géants devant lesquels aucun ne peut résister), Poupée (on n’est pas toujours original quand on baptise à trois ans), Vanille, Chérie, … ça semblait presque tout triste ce petit monde qui ne sera pas dérangé pendant deux semaines.


  Doudous-Mathilde-sans-elle.jpg

 

Doudous-Elsa-sans-elle.jpg

Par Hemipresente - Publié dans : Journal de bord de mère
Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 20:46

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Mathilde en pleins devoirs noir et blanc

 

On les aime, oh oui on les aime. On les chérit. On va en cachette respirer leurs oreillers lorsqu’elles sont absentes. On range leurs chambres. On fait des emplettes pour la rentrée… 

Mais il faut bien être honnête : parfois, on est content de les voir partir… Spécialement lorsqu’on est tranquille, lorsqu’on sait qu’on les remet entre de bonnes mains, qu’elles reviendront la tête pleine de nouvelles images très douces qui ne seront qu’à elles, mais oui, on est content de cet espace à deux que leur absence nous offre.

Ca n’empêche pas le manque, ni l’amour, ni la tendresse dans les lettres quotidiennes. D’ailleurs voilà j’ai posté la première, pour qu’elles aient de la lecture toute douce dès samedi à l’arrivée. 

Le planning pendant leurs vacances sera des plus simples, repos, repos, repos, grasses matinées les jours de congé pour l’homme, siestes, repos, peut être un restau ou un ciné en amoureux ? On oublie, une fois qu’on a des enfants, combien ne se préoccuper que de soi est finalement simple et dérisoire. « Il faut s’aimer pour aimer bien ses enfants. Soit. Mais ça passe tellement loin au second plan ! 

Mais j'anticipe, j'anticipe !  Ce matin, elles étaient ravissantes comme toujours, pour leur dernier jour d’école. Zouzou emportait dans un sac plastique son « devine-tête », Zazou une brioche au chocolat. En déposant notre petite, le Viking a recueilli tous les compliments dont on peut rêver quand on est parent, une « petite fille douce, travailleuse, attentive, rigolote, vive, qu’on aime avoir comme élève, toujours gentille avec les autres, totalement prête pour le CP … ». Il n’en pouvait plus de joie, je crois même qu’il a dû rouler une pelle au directeur. La grande ? Ah la grande c’est plus compliqué. Depuis qu’elle a découvert vers 6 mois  - mon Dieu qu'elle a parlé tôt - qu’elle avait une langue elle ne s’est pas beaucoup arrêtée, et il lui est bien difficile de la tenir même en classe. Cela lui nuit, et je crains que le CM1 ne se révèle autrement plus compliqué que le CE2 … Elle a des facilités, sans précocité ni génie, mais elle ne se foule pas et me rapporte autant de 18 que de 11, parfois un 8 penaud et je constate alors sur ses copies qu’elle n’a tout simplement pas terminé ce qu’on lui demandait. Il y aura des révisions cet été, mais je la laisserai surtout lire, encore et encore, elle aime tant ça. Ca, c'est fait ! Bon si elle pouvait comprendre que l'école est avant tout un lieu où l'on apprend plutôt qu'un joyeux jardin d'enfants entrecoupé de périodes fastidieuses où l'on copie des leçons, ce serait top. Ca viendra. Mais si. J'y crois.

 

Et voila l'école est finie

Par Marie-Laetitia - Publié dans : Journal de bord de mère
Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 09:35

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Nettoyage de printemps

 

Il suffit d’une invitation d’une copine pour que hop, ma grande fille décide de lancer le grand nettoyage de printemps de la cabane du jardin.
Elles s’y sont mises à trois, et que je te sors tout dans le jardin, et que je mets à la poubelle ce qui doit y aller, et que je te sors la brosse et la pelle pour nettoyer … j’étais enchantée moi, l’idée ne leur serait jamais venue autrement ! 
Tout allait bien jusqu’à ce hurlement détriplé : « AAaaaaaaaaaah Mamaaaaaaaaan y’a plein d’araignéééééééééées ! ».
Pour être honnête, je m’y attendais ; une cabane c’est un abri de rêve loin de la pluie, une douilletterie au cœur de l’hiver, et puis livrée quand même aux quatre vents par la fente réglementaire sous la porte, pourvoyeuse d’insectes occasionnels, juste ce qu’il fallait pour passer la mauvaise saison… mais je ne pensais pas qu’on m’appellerait à l’aide, elles le savent pourtant que je suis phobique au dernier degré mes princesses. J'ai tenté de faire le mort mais ...
Il m’a fallu six mains pour prendre mon courage. Armée d’une tatane et d’un aspirateur, cheveux noués serré – tout le monde sait que les araignées c’est comme les chauves-souris, ça adore se coller dans les cheveux - je me suis introduite dans le petit espace, parfaitement consciente du fait que je ne pourrais en cas d’attaque ou de chute ou de fuite me carapater en urgence. La cabane en question je ne peux en effet m’y tenir debout qu’en son milieu et le dos voûté, et m’y étendre qu’en diagonale, c’est au format minipouces. Pour y entrer, je dois me plier en deux. Toute fuite éperdue était donc exclue, j’étais coincée avec les bêtes : Fort Boyard à côté c’était de la gnognote.
Une fois coincée à l’intérieur, j’ai regardé autour de moi, trois cent soixante degrés d’horreur : il y en avait, en effet, partout.
Des frêles et longues, aspirées démembrées slurpées dans le mini aspirateur, des petites espouties(*) sous la chaussure dans un spasme de l’estomac, et puis, et puis, forcément, des grosses ventrues, de celles dont je ne me débarrasse en principe qu’armée du bras de monsieur.
Ce fut atroce.
J’ai éradiqué les yeux mi clos, écrasant dans des giclements poilus les importunes, poursuivant celles qui cherchaient refuge dans l’un des moult recoins, je me suis même surprise à les vilipender de « pchittttt pchiiiit » à l’évidence tout à fait inutiles.
J’ai vaincu.
Il fallait bien.
Ma phobie me demanderez-vous, s’en est-elle trouvée réduite à néant ? Ca aurait pu, en effet, être le déclencheur, l’événement, le fait glorieux qui remet les pendules à l’heure : les petites bêtes ne mangent pas les grosses, elles ont plus peur que moi, etc. Je crains hélas que ma peur ancestrale (c’est qu’elle remonte à quelques générations) n’ait gardé le dessus : à l’heure où je vous écris je sors de ma douche et j’ai brûlé mes vêtements.

 

(*) je pense que c'est un mot familial.

Par Marie-Laetitia - Publié dans : Journal de bord de mère
Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 13:20

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