Rien de spécial


A quoi ça tient la sensation de liberté ...

S'asseoir au pied des marches d'un escalier un peu en retrait, siroter un chocolat chaud. Se tourner vers l'intérieur. Ecouter dans le vent le cri d'une buse, très haut dans le ciel...
Je lève les yeux vers elle, je ne la vois pas, je l'imagine tournoyant dans les courants ascendants, montant, encore.
Une libellule réticulée, affairée, déboule du couvert des sous-bois tout proches, rapide, précise, elle tourne sur l'aile à quatre-vingt-dix degrés, revient, repart, s'immobilise une demi-seconde à ma hauteur, reprend sa course jusqu'aux poubelles, revient encore, une seconde cette fois de vol stationnaire à un mètre à peine. Elle est verte d'un clinquant métallique bordé de jaune, rutilante, longue et gracile. Je ne bouge pas. Je me rappelle les longues parties de chasse aux papillons avec mon père, au cours desquelles parfois une demoiselle nous accompagnait, curieuse, j'ai pour ces animaux une sympathie d'enfance qui ne se désavouera plus. L'autre soir, à la toute dernière heure de jour, alors que je me levais pour aller m'asseoir dans le jardin et fumer une cigarette, l'une d'elle s'approcha de la baie vitrée, elle ne s'y cogna point, non celles-ci ne sont pas aussi sottes que les abeilles ! mais demeura plusieurs secondes à observer, était-ce la glace qui l'intriguait ainsi, nous regardait-elle, nous ? Il y a dans cette bête une désinvolte tranquillité, une absence de peur mâtinée de la simple prudence nécessaire, qui me séduisent, elles approchent, observent, puis s'en retournent, leur monde côtoie le nôtre ou l'inverse ?

Je suis repartie délassée à mes dossiers, dans mon bureau clos, l'esprit remis en boîte avait pu divaguer à sa guise. Cadeau.
Par Marie-Laetitia
Lundi 7 septembre 2009

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Q
uel bonheur les antalgiques quand on a mal depuis longtemps ! Sauf que ... sauf que celui que je prends contient une sérieuse dose de caféine. la caféine j'y suis plutôt hyper réactive. En fait je suis plutôt hyper réactive à n'importe quel stimulant. Ca fait que je suis épuisée (parce qu'avoir mal ça fatigue), finalement soulagée de mes bobos, mais incapable de dormir pour récupérer un peu. A l'heure où j'écris, l'homme dort depuis déjà un fameux moment. J'aurais pu essayer, j'aurais peut-être dû ...


La nuit est complète, malgré la lune gibeuse, qu'on pouvait apercevoir, tout à l'heure, au-dessus de l'église, en plein jour ; elle est voilée par une épaisse couche de nuages qui se déchireront peut-être. Je suis seule, tous ceux que j'aime autour de moi, dans l'oubli de moi.
C'est une heure propice aux résurgences, aux souvenirs, à l'introspection. Souvent des bribes de rêves me reviennent. Je les accueille. Peut-être le sommeil qui s'insinue.
Je m'allonge sur le canapé, la tête sur un oreiller un peu trop dur, je remonte sur mon épaule le boutis que j'avais jeté sur mes pieds, je m'y love. Les images sur l'écran devant moi défilent, j'ai baissé le volume jusqu'à rendre presque incompréhensibles les dialogues, l'intrigue. Ma tête se fait plus lourde. Le crépitement sur le toit s'amplifie, de lourdes gouttes de pluie tambourinent sur le Velux, j'aime ce bruit, sourd et aigu à la fois, ample mais pointu.
Sommeil, enfin !
A demain.
Par Marie-Laetitia
Dimanche 8 mars 2009

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Hier c'était mercredi, presque mon jour préféré. Le samedi je suis seule avec les petites et il y a toujours tellement de choses à faire que le temps passe avant que je puisse m'en saisir, pfouiiiiiiit déjà le goûter fuiccccchhhhhh déjà couchés. Bon... Y'a rien à faire contre ça, c'est comme ça, c'est le jour corvée avant le repos dominical, on peut po l'sauter.

Alors mes mercredis en famille, j'essaye d'en profiter. Je trouve même souvent le temps de m'octroyer un petit moment rien qu'à moi, pendant que tout le monde fait la sieste, en ronflant, en râlant, ou sans vraiment dormir, m'en fous pour peu qu'on me laisse en paix.

Hier il faisait un temps comme on n'en a pas eu assez de l'été, et j'avais envie de m'en repaître jusqu'au tréfonds, là, dans ma jungle mentale où le soleil ne pénètre pas souvent.

J'ai attendu que l'une et l'autre de mes filles aient cessé de piailler, oh il a bien fallu que j'aille faire les gros yeux, comme toujours... puis j'ai dépouillé le canapé de ses coussins et m'en suis fait un transat improvisé sur la minuscule terrasse depuis laquelle on descend dans mon jardin suspendu ; le chien est venu se rouler en boule tout contre moi, le chat m'a hélée depuis son coussin attitré, a baillé sans fin gorge renversée en étirant une patte immense, longue, musculeuse, une interminable patte de poulet vers le rayon de soleil inaccessible et puis son courage tout bu est resté ainsi en l'air, ventre de nounours offert, à quelques centimètres à peine du but : mes genoux. J'ai chaussé mes sunglasses de Lui que de toute manière elles Lui vont pas, et je me suis atchouffée bienheureuse, un crème à main droite, un bouquin sur les guiboles, le dos bien calé contre le mur. C'est pas compliqué d'être heureux mais ça demande de la logistique !


Par Marie-Laetitia
Jeudi 11 septembre 2008

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Je n'aime pas voir les tripes, partout, tout en désordre, mêlées de crin et d'herbes folles. C'est dégoûtant et ça sent fort. Mais tu t'y prends si joliment, ton cul tapi derrière une motte, avant le bond tant que tu feules, pour les extraire des oiseaux que tu déchiquètes à pleines griffes ...

Je n'aurai pas le coeur, même retourné au bord des lèvres, de te faire quitter ta proie.

Tu chasses étripes étêtes et bouffes, ainsi qu'un chat doit savoir faire, si gras, nourri, feignant sois-tu. Et maintenant les plumes qui volent, tu as sans doute trouvé le nid, tu extermines la couvée après avoir mangé le père (1).

Quelle merveilleuse machine de mort, toute d'instinct et de pulsions ! 

Tu me reviens ensanglanté, paisible, du duvet plein les babines, ronronnant, ta pupille dilatée à l'extrême se rétracte pianissimo laissant  en lisière de ton cristallin un halo rouge qui te fait les yeux fous. Il est heureux pour moi  que je pèse quinze fois ton poids, mon beau chat ...

__________

(1) le père oui, pourquoi ce serait forcément la mère ?

Par Marie-Laetitia
Mercredi 16 juillet 2008

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La perfide Marie Providence profite qu'elle vient pas au Salon du Livre pour me taguer en douce d'un questionnaire même pas à la Proust, et vla qu'il faut que je me fade de révéler cinq insignifiances relatives à ma petite personne. Merci bien Dame Rennard, la postérité vous en sera reconnaissante, comme il se doit, éternellement, sinon ce serait point de la Postérité. Or donc ...

1) J'ai une tête à poux. Y'en a UN dans le bus, RER, ou en transit sur la tête de mes gosses... il est pour moi ! Le souci c'est que sur mon crâne il prospère et s'étale vite en une colonie grattogène, et que je mets des plombes et des sous à m'en débarrasser. Sans jamais réinfester personne parce qu'on est "trop bien" chez moi.

2) Je pense très rarement à couper les ongles à mes filles. Alors ça pousse et ça se recourbe contre le doigt de pied et puis au détour d'une histoire, pendant que je leur poupougne le peton en prenant la voix du grand méchant loup, mon regard tombe sur cette onycochose torturée et je passe une heure et demie à retrouver les petits ciseaux à bout rond qui vont bien même que quand j'ai remis la main dessus la minette concernée dort à poings fermés.

3) Quand j'aime beaucoup un plat très chaud j'ai immanquablement la goutte au nez en le dégustant.

4) Je supporte pas de voir quelqu'un tremper ses tartines mais j'adore le faire. 

5) Je chante Goldman comme personne (encore heureux) et pourtant je le jure je n'ai aucun disque de lui ! 

Bon, à présent je refile le bébé. Attention voici les heureux gagnants .... : 
- ALEX tu t'y colles toi aussi tu glandouilles donc hop pouf pouf c'est parti
- NINA ca fait trop longtemps que t'as pas traîné tes guêtres par ici alors zou !  
- MOMO le surdoué également, je t'attends
- AUDE la voyeuse (ça a une autre gueule que voyante croyez-moi)
- et DENISE qui a le droit de nous le faire en une planche et cinq bulles  
 

Voilààààà dites pas merci c'est pour votre bien. Enfin quelque chose dans ce goût-là.

 

Par Marie-Laetitia
Jeudi 6 mars 2008

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Portrait-Ramolino.jpg Engageante la Reine mère hein ? 


C'est un vrai drôle de truc l'inconscient (non n'ayez crainte je ne vais pas vous abandonner seuls à cogiter sur cet aphorisme d'une profondeur qui, comme le vide intersidéral, fait peur).
Mon prénom, c'est pas fait exprès, était celui de la môman de Naboléon, le premier. La fierté des Corses d'ici et d'ailleurs, c'est dire si l'insulaire est con ... (ah c'est comme "nègre" pour un noir, je suis corse j'ai l'immunité ! j'ai le droit de dire que le corse est con !) 
Bref. 
Donc maman disait "Laetitia c'est joli et doux" papa disait "Marie c'est beau et fort" et vlatipas que mélangi mélangea c'est moi que vla. Je l'ai détesté à certains moments ce prénom compliqué que des profs ineptes essayaient de prononcer avec l'accent, non mais franchement, est-ce que je m'attardais sur leur nom de famille grolandais moi .... 
Quand je me suis cherché un pseudo j'ai fait le tour des tartufferies existantes, ça hésitait toujours entre poético-adolescent et désespéro-gothique. 
Et puis ca m'a sauté dessus, quand j'étais bambine ma mère se plaignait de l'épi congénital que mon frère et moi portions au sommet du crâne, là où les cheveux font un tourbillon, dans un sens pour moi, dans l'autre pour mon frère, là où on voit bien les pellicules et les poux et surtout, surtout, les ratés du coiffeur ; elle appelait ça "le remolino", le tourbillon dans son espagnol. Je me suis dit que c'était bien assez privé et bien assez torturé et trouducuté comme pseudo alors je l'ai pris. Mon mail depuis ce site c'est ça. 
Y'a quelque temps je me suis auto googlée, id est j'ai cherché mon prénom sur Google. Et je suis tombée sur la maman de Nabo, forcément. Eh ben son nom de jeune fille c'était Ramolino. J'en suis pas encore revenue...

 


Par Marie-Laetitia
Jeudi 6 décembre 2007

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Il y a des périodes comme ça totalement stériles, je n'écris que de la merde en flaques. J'ai beau m'y coller de force et faire de mon mieux, faire du chiffre, des lignes, du décrassage ... c'est de la bouse à sulfater. Désolée. Ca reviendra. Ca revient toujours. Mais là tout de suite rien n'est vivant dans mes mots, c'est tout bloqué deux ou trois portes avant de franchir le pas de mon inconscient, tout interdit. Je vous parlerais bien, tiens, d'un de mes ex, qui ne m'a jamais fait l'amour et je ne sais pas pourquoi, pourtant j'étais belle. Ou de ce petit couple illégitime que je croise dans le RER ! Et de la belle maison que je n'avais jamais vue avant que les élagueurs ne massacrent le marronnier juste devant et qui a l'air franchement gênée d'être regardée de nouveau, la vieille bâtisse. J'aurais plein à dire sur l'appartement qu'on a visité comme par effraction, gênés, de cette vieille dame qui est morte sans crier gare et qu'on met en vente avec tous ses meubles, ses souvenirs, ses tableaux hideux et même la photo de son petit fils à l'armée dans un cadre dans l'entrée, de l'autre côté du miroir c'est la photo de son dernier caniche, j'en avais des bouffées d'angoisse et de tendresse partout. Par moments j'écris comme si j'étais perchée au-dessus de mon épaule droite à lire ce que j'écris et ça, c'est mauvais mauvais mauvais. Alors soyez patients (plus que moi en tout cas) promis je vais reviendre plus longuement, mais là tout de suite ... pets de mouche.

 


Par Marie-Laetitia
Mardi 4 décembre 2007

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