Mars ! Mars oublié ! Au réveil l'air n'était plus le même !
Mars peut tout oser !
Averses en giboulées, gelées comme sursauts ultimes, l'hiver s'en va.
Ah joyeuse surprise de ce petit matin, pluie torrentielle, qu'importe !
Mars est là !
Le soleil reconquiert une ancienne vigueur.
Les chats dans les jardins fourbissent l'attirail
Griffes, dents, vocalises pour leur champ de bataille.
Mars, la tête me tourne !
L'air léger sur ma peau...
Vent - qui rabat la pluie en rideaux, vent qui revêt des parfums maritimes.
Mars allait revenir et je n'y pensais plus !
Par Hemipresente
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Mardi 1 mars 2011
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21:29
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Le vent s'est levé.
En une soirée de fièvre il se mue en bourrasque, en tempête.
Je l'observe, derrière le voile tremblotant du rideau de ma chambre.
Colère ! Masque de Pan ! Il maintient cime à terre les arbres les plus frêles, soumis, pliés, attentifs à subir, ceux qui ploient sans orgueil. Dénudés, cardés, pissenlits immenses, ils touchent
humbles le sol, psalmodient un pardon, voient passer le tumulte qui ne les tuera point, ondoiement, tapage de bruissements et de protestations sifflées. Ils patientent sans grâce mais seront là
demain.
Souffletés, talochés, les immenses, rigides, les éternels debout ne croyant qu'en eux mêmes, au tronc que dix adultes n'eussent pu enlacer, cèdent dans un fracas étiré qui s'annonce, roule, se
poursuit en échos et en râles mugis, s'effondrent comme choît une vie de tumulte, et, renversée enfin leur belle volonté, montrent au jour qui point leur bouquet de racines.
Par Marie-Laetitia
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Lundi 9 février 2009
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17:40
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Je marche contre le vent, jambes s’enfonçant dans la neige jusqu’au
genou.
Le blizzard griffe les joues, ferme les yeux, givre les sourcils.
A chaque inspiration ce goût de sang dans les poumons, âcre, fumé, violent, mais je suis encore
vivante !
Les hurlements mêlés du vent et de la horde qui guette tout autour de moi, sans nom, toute de dents et de griffes,
se resserrent, tourbillons, constriction. Le cœur me cogne dans la bouche, ouverte, qui relâche par paquets une buée déjà froide à peine exhalée, palais palpitant, langue sèche. Je transpire sous
la glace qui se dépose en minces couches, incessantes, toujours renouvelées, et je refroidis lentement, je m’engourdis, je m’abandonne.
A une croisée de chemins, à bout de forces et de courage, je m’adosse à un sapin immense qui a grandi sur un
tertre, en vigie. Face à moi, se frayant un chemin à travers le vacarme de la tempête s’engouffrant à découvert dans la clairière, les grondements sourds se rapprochent.
On sonne le buffet et c’est moi qu’on dévore.
Par Marie-Laetitia
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Jeudi 19 juin 2008
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Je descends entre les chardons et les ronces ce petit chemin qu’avait
suivi l’âne l’autre jour, à flanc de coteau, guère impressionné par la pente et les éboulis légers que ses sabots provoquaient. D’où s’était-il sauvé, celui-là ? Paisible brouteur qu’on eût dit
égaré, il goûtait sa liberté en vrai sage, sans se soucier d’autre chose que de ce chemin parfumé … Le chemin …. Taillé à cul de bourrin écartant les épineux, son dessin sinueux persistera
quelques jours encore, pour n'être finalement sensible qu'aux seuls yeux qui l’ont vu se tracer, les miens, et je dois l’entretenir discrètement presque quotidiennement, en prenant garde d’en
laisser masqué l’accès. Ecartelées dans leurs toiles impeccables marquées d’un ultime zébra - fermeture à glissière de renfort, guerrières étoilées toutes pattes dehors, les épeires diadèmes
immenses, striées de vert et jaune, pendues entre les buissons du maquis, exhibant sur leur dos le rond et la croix du symbole féminin, dessinent un labyrinthe mouvant d’heure en heure. Plus
d’une fois je manque me jeter dans une toile et ma phobie anticipe avec une nausée spastique le froissement de coton du tissage déchiré, la fuite contre ma peau de la bête délogée, ma chute
hurlante dans un buisson voisin garni de cocons qu’on écrase libérant leurs pensionnaires minuscules, horde à mille mandibules dévoreuse de mères ….Là, du calme mon cœur qui s’épuise ! Vois, le
dédale piégé est derrière nous, quelques rocailles encore et j’atteins le sable sec de la crique inviolée. Quelques mètres de sable lisse, pas un caillou, l’eau devant moi translucide bordée de
part et d’autre par des murs de roches entassées, écroulées, équilibrées par leur masse indicible. Tout au bout de cette anse, en face, la mer qui n’ose entrer ici qu'en laissant derrière elle le
vent, les moutons, la colère.
Par Marie-Laetitia
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Vendredi 28 septembre 2007
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Je crois
qu’elle me vient de toi, ma Mamie, cette aspiration qui prend la forme, par moments, d’un besoin contre lequel je ne puis lutter, cette envie de solitude totale. Lorsque je suis mal, que je ne me
supporte plus et ne supporte plus personne, je m’enfuis vers la montagne et sa solitude, je m’envole. Je finirai peut-être ermite, échevelée, fuie par les enfants, psalmodiant à tout vent des
imprécations en latin pour éloigner toute âme. Je ne pense qu’à cela lorsque le mal-être me prend, nausée insistante sans remède : Ocana, tout là-haut. Le soleil qui se lève au tout petit matin, la fraîcheur qui libère les parfums parmi les herbes sèches, le maquis bruissant des mille bêtes qui le foulent, le
remuent, le parcourent, s’y nichent - seules présences tolérables - les eaux rares babillant en glouglous à la fontaine en contrebas, l’église au bout du chemin, blanche comme en Espagne et sa
cloche à laquelle je me pendais petite, les chèvres "cimarron" en troupeaux éclatés au flanc des collines, cherchant les herbes tendres, le fenouil sauvage à mâcher bouche grande ouverte dans des
croquements gourmands. Je retrouverai le figuier et l'abricotier sur mon chemin envahi d'herbes hautes. Tête couverte par un foulard clair sans fantaisie, de coton brut, noué dans le cou, un
bâton de marche, un pantalon large, je ne serai prête à croiser personne et m'enfouirai dans les fourrés, dédaigneuse de leurs piquants, tapie, ombrageuse, attentive à me cacher toute aux yeux du
monde. Ils finiront bien par repartir et je reprendrai ma marche.
Par Marie-Laetitia
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Mardi 17 avril 2007
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Questions réactions & réponses