je vous soumets ce texte, que j'ai étudié dans une autre vie, et dont l'un des vers m'est resté
"too old for loving now, but not for love" ...
The Old Couple
The old couple in the brand-new bungalow,
Drugged with the milk of municipal kindness,
Fumble their way to bed. Oldness at odds
With newness, they nag each other to show
Nothing is altered, despite the strangeness
Of being divorced in sleep by twin-beds,
Side by side like the Departed, above them
The grass-green of candlewick bedspreads.
In a dead neighbourhood, where it is rare
For hooligans to shout or dogs to bark,
A footfall in the quiet air is crisper
Than home-made bread ; and the budgerigar
Bats an eyelid, as sensitive to disturbance
As a distant needle is to an earthquake
In the Great Deep, then balances in sleep.
It is silence keeps the old couple awake.
Too old for loving now, but not for love,
The old couple lie, several feet apart,
Their chesty breathing like a muted duet
On wind instruments, trying to think of
Things to hang on to, such as the tinkle
That a budgerigar makes when it shifts
Its feather weight from one leg to another,
The way, on windy nights, linoleum lifts.
Par Hemipresente
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Publié dans : Pwouèsi
Jeudi 1 avril 2010
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Mars ! Mars oublié ! Au réveil l'air n'était plus le même ! Mars peut tout oser ! Averses en giboulées, gelées comme sursauts ultimes, l'hiver s'en va.
Ah joyeuse surprise de ce petit matin, pluie torrentielle, qu'importe ! Mars est là ! Le soleil reconquiert une ancienne vigueur. Les chats dans les jardins fourbissent l'attirail Griffes, dents,
vocalises pour leur champ de bataille. Mars, la tête me tourne ! L'air léger sur ma peau... Vent - qui rabat la pluie en rideaux, vent qui revêt des parfums maritimes.
Mars allait revenir et je n'y pensais plus
!
Par Marie-Laetitia
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Publié dans : Pwouèsi
Samedi 28 février 2009
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14:44
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Le vent s'est levé.
En une soirée de fièvre il se mue en bourrasque, en tempête.
Je l'observe, derrière le voile tremblotant du rideau de ma chambre.
Colère ! Masque de Pan ! Il maintient cime à terre les arbres les plus frêles, soumis, pliés, attentifs à subir, ceux qui ploient sans orgueil. Dénudés, cardés, pissenlits immenses, ils touchent
humbles le sol, psalmodient un pardon, voient passer le tumulte qui ne les tuera point, ondoiement, tapage de bruissements et de protestations sifflées. Ils patientent sans grâce mais seront là
demain.
Souffletés, talochés, les immenses, rigides, les éternels debout ne croyant qu'en eux mêmes, au tronc que dix adultes n'eussent pu enlacer, cèdent dans un fracas étiré qui s'annonce, roule, se
poursuit en échos et en râles mugis, s'effondrent comme choît une vie de tumulte, et, renversée enfin leur belle volonté, montrent au jour qui point leur bouquet de racines.
Par Marie-Laetitia
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Lundi 9 février 2009
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17:40
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Je suis morte à quinze
ans, et tu n’en as rien su.
Je suis morte à quinze ans, pour toi, et tu n’en as rien su.
Je suis morte à quinze ans, pour toi, pour avoir choisi ton bonheur au lieu du mien, et tu n’en as rien su.
Me voici aujourd’hui, vingt ans après, nue devant toi, et tu ne vois ni les cendres derrière mes yeux, ni les ruines sous mes façades, ni les larmes dans mes sourires.
Me voici aujourd’hui, nue devant toi, et tu ne vois pas les larmes dans mes sourires.
Me voici aujourd’hui, nue devant toi, j’ai deux ans et tu pleures, je tends la main et te souris, je caresse tes cheveux, si longs, si noirs, si doux. Je te souris parce que tu me le rendras, un
jour. La douceur, là dans mes gestes, est infinie, et ma tristesse si profonde qu’un lac s’y noie, chaque jour, un peu plus. Je suis forte et tu es faible, je suis le bâton et je me tends bien fort
contre toi, et toi tu t’y appuies et tu avances. Et lorsque, guérie enfin, tu sais marcher seule, je choisis ton bonheur plutôt que le mien.
Je suis morte, à quinze ans. Et tu n’en as rien su.
Par Hemipresente
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Samedi 23 août 2008
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00:38
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Je marche contre le vent, jambes s’enfonçant dans la neige jusqu’au
genou.
Le blizzard griffe les joues, ferme les yeux, givre les sourcils.
A chaque inspiration ce goût de sang dans les poumons, âcre, fumé, violent, mais je suis encore
vivante !
Les hurlements mêlés du vent et de la horde qui guette tout autour de moi, sans nom, toute de dents et de griffes,
se resserrent, tourbillons, constriction. Le cœur me cogne dans la bouche, ouverte, qui relâche par paquets une buée déjà froide à peine exhalée, palais palpitant, langue sèche. Je transpire sous
la glace qui se dépose en minces couches, incessantes, toujours renouvelées, et je refroidis lentement, je m’engourdis, je m’abandonne.
A une croisée de chemins, à bout de forces et de courage, je m’adosse à un sapin immense qui a grandi sur un
tertre, en vigie. Face à moi, se frayant un chemin à travers le vacarme de la tempête s’engouffrant à découvert dans la clairière, les grondements sourds se rapprochent.
On sonne le buffet et c’est moi qu’on dévore.
Par Marie-Laetitia
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Jeudi 19 juin 2008
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10:22
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Je descends entre les chardons et les ronces ce petit chemin qu’avait
suivi l’âne l’autre jour, à flanc de coteau, guère impressionné par la pente et les éboulis légers que ses sabots provoquaient. D’où s’était-il sauvé, celui-là ? Paisible brouteur qu’on eût dit
égaré, il goûtait sa liberté en vrai sage, sans se soucier d’autre chose que de ce chemin parfumé … Le chemin …. Taillé à cul de bourrin écartant les épineux, son dessin sinueux persistera
quelques jours encore, pour n'être finalement sensible qu'aux seuls yeux qui l’ont vu se tracer, les miens, et je dois l’entretenir discrètement presque quotidiennement, en prenant garde d’en
laisser masqué l’accès. Ecartelées dans leurs toiles impeccables marquées d’un ultime zébra - fermeture à glissière de renfort, guerrières étoilées toutes pattes dehors, les épeires diadèmes
immenses, striées de vert et jaune, pendues entre les buissons du maquis, exhibant sur leur dos le rond et la croix du symbole féminin, dessinent un labyrinthe mouvant d’heure en heure. Plus
d’une fois je manque me jeter dans une toile et ma phobie anticipe avec une nausée spastique le froissement de coton du tissage déchiré, la fuite contre ma peau de la bête délogée, ma chute
hurlante dans un buisson voisin garni de cocons qu’on écrase libérant leurs pensionnaires minuscules, horde à mille mandibules dévoreuse de mères ….Là, du calme mon cœur qui s’épuise ! Vois, le
dédale piégé est derrière nous, quelques rocailles encore et j’atteins le sable sec de la crique inviolée. Quelques mètres de sable lisse, pas un caillou, l’eau devant moi translucide bordée de
part et d’autre par des murs de roches entassées, écroulées, équilibrées par leur masse indicible. Tout au bout de cette anse, en face, la mer qui n’ose entrer ici qu'en laissant derrière elle le
vent, les moutons, la colère.
Par Marie-Laetitia
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Vendredi 28 septembre 2007
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12:06
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« - Et moi maman, pourquoi je n’suis pas mon nez ?
- Ca t’arrive mon cœur.
- Quand ? »
Lorsque tu passes tout près de la lavande qui déborde sur l’allée et que ton épaule menue s’y frotte, faisant presque apparaître un nuage de son parfum piquant et mauve aussi impalpable et
pourtant perceptible et présent qu’un génie sortant de sa lampe, lorsque le regard et les narines attirés par le massif, tu tournes la tête, tout enivrée, et ne peux retenir ta main qui caresse
les fleurs naissantes et les bourgeons… tu suis ton nez.
Lorsque tu débaroules, le sourcil haut et l’air de ne pas y toucher, dans la cuisine close à l’atmosphère un peu confinée d’où montent à ta chambre malgré la hotte les effluves de compote
bloubloutant à fond de casserole, que tu tires ton petit tabouret sous le bar pour te hisser à bonne hauteur et contempler ce qui se mijote, sans mot dire, tes yeux qui pétillent d’impatience et
de fringale contenue quémandant la cuillère en bois que je vais bientôt te tendre, soufflant bien fort dessus, la main gauche placée en coupe prête à recueillir la précieuse goutte des gourmandes
qui ne manquera pas de choir … tu suis ton nez.
Lorsque tu plonges les doigts et la bouche en bisou dans les poils de ventre du chat abandonné pattes en l’air dans cette position torsadée qu’il affectionne, sa bedaine grassouillette chauffée
par le rai de soleil qu’il envahit laissant apparaître ça et là dans la fourrure noire moins dense et duveteuse les tétounes inutiles de mâle dans des touffes blanches, que tu t’étourdis de son
ronronnement conquis et t’en relèves l’œil mi-clos, le sourire bienheureux en t’exclamant « il sent le nounours ! » … tu suis ton nez.
Par Marie-Laetitia
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Publié dans : Pwouèsi
Mardi 15 mai 2007
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14:04
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