M'énerve

Raaaaah mais pourquoi ma gamine rentre de l'école avec dans sa besace linguistique plus de fautes de français, barbarismes écorcheurs d'oreilles, futurs mal déclinés, approximations phonético-journalistiques, qu'en sortant de chez nous ? Quand elle est entrée à l'école maternelle, à deux ans et neuf mois, elle parlait parfaitement. Sans déconner, elle ne faisait aucune faute. Elle s'emmêlait juste un peu les pinceaux entre hier et demain, mais c'était tout. Et là, après deux ans en collectivité, force m'est de constater que tout corps intelligent plongé dans un système scolaire moyen subit une pression de là à là qui le pousse irrémédiablement vers le BAS ! "Je m'ai fait mal" douze fois par jour, "dans très longtemps j'avais ..." "pour que tu soyes" etc., j'en passe et des bien "plus pires". Tain, les instits, ça vous écorcherait de reprendre les fautes de français de nos lardons ? de faire gaffe à pas en faire vous mêmes ? c'est pas un peu votre boulot, ça ? Je vous livre un cerveau en parfait état de marche dans un corps sain, et vous me rendez une mouflette formatée bourrée d'a priori putrides et imbibée par les conneries récurrentes de cour de récré, vous trouvez ça normal ?

Je suis colère, pinaise ... mais colère ... 
Vais quand même pas la déscolariser pour qu'elle parle correk', merde !? 
Si l'influence du milieu (pas social, scolaire) est aussi désastreuse, en partant d'un niveau correct voire un peu au-dessus de la moyenne, quelle chance ils ont "les autres" : les mômes que chez eux dont auquel qu'on cause pas comme i faut ou que les parents i connaissent pas bien la langue ? Formidaaaaaaaable, ils seront bilingues. Nan nan nan, foutage de gueule Jack Languesque : ils seront nullilingues !!! Quand une instit laisse UN gosse dire "que je voye" elle laisse tous les autres s'en imprégner ! Pas besoin d'humilier pour corriger, un recensement des fautes courantes puis on se réunit tous comme à l'heure de l'histoire et on cherche ensemble comment dire correctement les choses ? comme ça chacun pourra corriger les autres en ayant la maîtresse comme référence, et éventuellement ses parents en rentrant chez lui ? Je fantasme, je fabule, je rêve, je serai jamais instit tfasson ! Mais pour l'amour du ciel, des nuages, de la lune comme dirait ma Mathilde : arrêtez de massacrer l'intelligence de ma gamine !

Par Marie-Laetitia - Publié dans : M'énerve
Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /2007 14:06

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Hier à l'hypermarché que je visite quasi quotidiennement afin de m'y fournir en menus articles indispensables à un quotidien harmonieux - papier toilette oublié lors des courses bimensuelles, pâtée pour chien paix sur la terre, "vachkiriojambon" indispensables à l'engraissage de ma grande filiforme archichiatique - je fus le témoin bien involontaire d'un conflit intergénérationnel qui me laissa pantoise.
Les parents sont mal élevés parfois c'est effrayant.

A la caisse voisine de la mienne, dont la queue comme tout un chacun l'a déjà expérimenté, avançait trois fois plus vite que celle dans laquelle je m'étais postée, une toute jeune fille aux cheveux blonds gras sales coupés hardiment au carré - et à la maison à en juger par les mèches oubliées - déposait sur le tapis roulant le fond du caddie de sa mère sans se presser malgré les rebuffades. Bourgeoise fausse-blondisée aux cheveux tirés en arrière pris dans des peignes semi-précieux en écaille, nez pincé, bouche fine et crispée, ce visage-là ne démontrait pas une propension au sourire des plus aboutie.

Je détaillais l'attirail de la dame, en faux vison comme il se doit, en surveillant le manège de la gamine. Cinquantaine retardée à coup de lifting et de botox, faux vison, manucure, maquillage impeccable d'un côté, neuf ans morve au nez cernes jaunâtres, jambes frêles poussées très vite, pantalon au velours élimé, cheveux gras à la coupe ratée de l'autre. Mère et fille.

Ca ne transpirait pas l'amour entre ces deux-là. A la dernière remontée de la môme des profondeurs du caddie, la vieille(1) la tança "qu'est ce que c'est que ça ?" la gamine attrapée par le bras sans ménagement ne répondit pas, baissant à peine les yeux sur ses chaussures plus par souci d'éviter les regards alentour que pour fuir celui de sa mère qu'elle ne semblait plus craindre. "Qu'est ce que c'est que cette merde ?" un ton plus haut. L'objet de la colère de la gorgone en fourrure synthétique était un de ces CD de musique prémâchée que nous pondent les staracadémiciens français et qui font guincher les petites filles. "D'façon je le payerai pas j'ai pas mon argent de poche" renifla la mouflette. La gifle vola. Sans préavis. Dans ta gueule.

Elle était peut-être rebelle et préado, cette à peine prépubère, elle avait peut être fait chier son monde depuis des lustres pour acquérir cette sous-culture musicale qu'elle pourrait partager dans la cour de récré avec tous les autres dont il ne faut pas, surtout pas, s'exclure par la culture de la différence, mais quand même ... ça se fait, de gifler un gamin devant tout le monde, à la volée, dans un lieu public, comme ça ? Je ne dis pas que je n'ai jamais taloché mes mouflettes mais, damned !, pas comme ça, pas pour si peu, pas sous les yeux d'étrangers à notre intimité ! Elle n'a pas desserré les dents, la demoisellette, coutumière du fait sans doute ? La vieille par contre n'en avait pas fini avec elle. "Tu vas voir quand on sera rentrées à la maison ..." menaçait-elle encore en sortant devant moi et en enfournant sa progéniture dans son 4x4 pourri.

Elle va voir, c'est sûr, et elle va sentir. Mais plus pour longtemps. Gaffe, elle t'arrive déjà à l'épaule, dans un an tout au plus elle lèvera un bras pour se protéger contre les baffes et dans deux ans, si tu continues, tu t'en prendras une en retour.

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(1) que les vieilles me pardonnent mais après cinquante ans et avec cette tronche elle mérite pas d'être jeune

Par Hemipresente - Publié dans : M'énerve
Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /2007 13:40

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Il est pour quiiiiiiiiiiiiii ? il est pour quiiiiiiiiiiiii ? il est pour qui l'pull en mohair,  lala la la laaaaaa, laaa lala la laaaa laaaa
Il est pour l'chaaaaaaat, il est pour l'chaaaaaaat, il est pour l'chaaaaaaat qui passe ses nerfs, lala la la laaaaaa, laaa lala la laaaa laaaa

Par Hemipresente - Publié dans : M'énerve
Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 19:03

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Premier, tout premier, geste conscient de la journée (étant donné mon hirsutage – pas hirsutisme, c’est autre chose, on en parlera quand j'aurai achevé ma psychotérapie – du matin jusqu’au moment où je gobe mes vitamines je ne considère tous les gestes précédant celui-ci que comme l'exécution de vagues fonctions électriques de mon cerveau reptilien bloqué en mode automatique, or donc …) : mettre le pied droit dans une flaque à l’endroit le moins probable qui soit, devant le réfrigérateur … Déplaisant. Incongru. Exaspérant. Après avoir pesté contre le plomb de la cuisine qui a sauté sans raison, ce con, contre le frigo qui a dégivré alors qu’il aurait pas dû pour si peu de temps, ce salaud, contre votre époux qui a l’audace de dormir encore (il se lèvera dans une heure et demie c’est po juste), attraper une serviette sale, éponger. Tenir le chien à distance d'une tatane maussade (pas envie d'essuyer des trèfles dans toute la maison), se demander ce que fout encore ce bol de mayo dans le frigo mais se réjouir en constatant que la moitié de l’eau de dégivrage est tombée dedans et se dire que parfois la flemme paye. C'est rare, très rare, mais du coup c’est tellement bon ! En bougonnant se diriger vers le compteur, fait pas plus jour que tout à l'heure, il pleut encore, constater que vous êtes incapable, perchée sur ce tabouret de piano, de pouvoir lire ce qui a été précautionneusement inscrit, d'une écriture forcément féminine, sur les fusibles, mais au crayon à papier dont la mine trop bien taillée a aligné des caractères minuscules inaccessibles à vos yeux sans béiscles … Du coup, les tester un par un, trouver le bon, le remplacer par celui qui alimente la sonnette, tant pis pour le facteur. Descendre trop vite du tabouret et se péter la cheville en voulant éviter d'enfoncer la cage thoracique du chat qui était venu se coucher juste là parce que c’est l’heure de son poutou du matin, juste avant l’heure de sa bouffe du matin, juste avant l’heure de sa première sieste du matin. Enchaîner avec un brin de toilette, et au sortir de la salle de bains, un brin retapée et presque prête à pardonner au frigo repentant, se décomposer de nouveau, mi rage mi fou-rire, en constatant que le chien qui a léché une partie de l’eau du dégivrage par terre a été malade et a fait caca dans sa gamelle …

Après cette collection de déboires qui donnent une envie monumentale d’aller choper le bus de 6 h 42, se rassoir une minute à la table de la cuisine, se tâter un moment puis décider de prendre un second café et le car suivant (tiens, un zeugma). Y'a plus de café.

 

 

 

 

 

 

Par Hemipresente - Publié dans : M'énerve
Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /2007 12:35

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"oh mais il m'aide quand même un peu!" voilà une phrase que j'aimerais voir disparaître au cours de la génération, mettons des deux générations à venir. Prononcée d'une voix fière par une femme épuisée, généralement, elle vient saluer l'exploit du mâle individu qui partage leur lit et qui-a-trouvé-tout-seul le-bouton-on-du-lave-vaisselle ... Pourquoi les femmes continuent-elles, en ce siècle où nous sommes, de revendiquer connement le foyer comme leur domaine réservé, alors qu'elles s'éreintent déjà à porter et nourrir leurs enfants et bosser elles aussi pour gagner la moitié de la pitance familiale ? Ca me dépasse. Leurs conjoints mettent-ils la même énergie à réclamer la moitié des tâches ménagères qu'elles en mettent à se lever le matin pour aller au turbin ? Cherchez pas, y'a pas de piège, la réponse est évidemment négative.

Qu'est devenu le féminisme, en-dehors des plateaux télé ? Que nous ont donc appris nos mères pour faire de nous une génération de connes soumises à ce point ? Alors oui, forcément, je ne me vante plus que très rarement des exploits de mon homme ... ca le fait passer lui pour une lavette et moi pour une gorgone. Parce que la femme est misogyne, mille fois plus que l'homme, et plus elle est jeune pire c'est. J'ai cotoyé d'improbables culs-bénis sur les bancs de ma fac d'extrêmistes, mais je n'y voyais que le vivier de la génération montante de grosses bourges parisiennes. Je m'avais gourée. Les filles, les femmes, ne sont que des couilles-molles. On s'enlève les doigts du cul et on râle, si on ne supporte pas de vivre avec un gars qui n'en rame pas une à la baraque. Et si râler ne suffit pas ben on le fout dehors. Les 35 heures c'est par jour pour la plupart des nanas, vous trouvez ça normal les mecs ? Non, hein, vous savez bien que c'est aberrant, mais vous n'allez tout de même pas tendre la première joue ... Je ne parle même pas des femmes battues ! Mais au fond l'inconscient collectif féminin est si bien façonné que nous sommes toutes, ou la plus grande part d'entre nous, conditionnées comme une femme battue qui d'amour en amour se retrouve avec le même type de compagnons, à considérer cette situation comme normale. Certains mâlins (l'accent circonflexe est volontaire) réussissent à survaloriser cet investissement du foyer par leur douce et passent ainsi leur vie douillettement bordés, torchés, nourris, lavés, sans se bouger le cul une seconde une fois franchie la porte d'entrée.

Oui je suis une gorgone ! et je ferai de mes filles des semblables, par l'exemple, la vertu de l'exemple, par la démonstration quotidienne de l'égalité hommes-femmes : oui un homme peut être un homme, un vrai, et faire le repassage, la bouffe, torcher les mouflets, passer l'aspirateur, oui une femme peut être aimante sans être soumise, douce sans être effacée, drôle sans faire de l'ombre ... Qu'elles me ramènent à la maison un macho et je les déshérite après l'avoir castré.

Par Hemipresente - Publié dans : M'énerve
Dimanche 8 octobre 2006 7 08 /10 /2006 11:01

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