Est-ce qu'en vieillissant les chiens deviennent presbytes de la truffe ? Mon vieux pépère de chien
reconnaît moins souvent sur le mur du jardin la silhouette de ses chats, et tend le nez au vent, n'osant aboyer, trépignant, trépidant. "Sont-ce là des ennemis qu'il me faut chasser ? Dis-moi
maîtresse ! Que dois-je faire ? Que veux-tu, ô toi, que je fasse ?" Sa cataracte gagne du terrain. Mais sa truffe ... est-ce qu'il conserve sa truffe ?
Par Hemipresente
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Publié dans : N'importe quoitude
Lundi 9 janvier 2012
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Quand j'étais petite j'ai cru longtemps qu'on mourait le jour de son anniversaire. Drôlement pratique pour calculer l'âge et le glisser dans l'oraison
funèbre : "Marcel Clampi nous a quittés à l'âge vénérable de ... deux mille sept moins ... je retiens cinq, je pose trois ... quatre-vingt trois ans". Tellement rassurant
trois cent soixante-quatre jours par an. Eh bien pas du tout, dites ! Ma première visite d'un cimetière a été lourde en désillusions. Ben oui sur les pierres tombales y'a les dates. Et ça ne
collait absolument pas avec ma théorie. Je m'en ouvris à mon papa qui acheva de m'achever. Vache de vache, alors en fait on pouvait crever n'importe quand ... Je crois que c'est ce jour là que j'ai cessé d'être immortelle. Ca arrive quand on ne fait pas attention.
Par Hemipresente
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Publié dans : N'importe quoitude
Samedi 14 juillet 2007
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C'est une droguée ! ou une alcoolique ! Elle est propre sur elle, pourtant. Elle était invisible au milieu de tous les autres en grappe autour du pilier, suspendue et affaissée en même temps comme une carcasse à un crochet de boucher. On ne sait pas comment, ils se sont tous écartés en même temps, ça arrive parfois ou bien tout le monde se tait dans un amphithéâtre alors qu'on parlait bien fort, elle est devenue évidente d'un coup et tout le monde s'est retourné... Grands Dieux : pas simplement accrochée, la carcasse ! mais dégoulinante de sang ! Personne ne veut voir ça et surtout pas être touché et tous se sont écartés pour la laisser glisser à terre dans un grognement. C'est une droguée ou une alcoolique ? Elle est propre sur elle pourtant, elle a un petit sac à dos avec des motifs tribaux dessinés à la javel, c'est rien qu'une ado, rien que ça. Elle se tord de douleurs, gémit sans comprendre, met la main entre ses jambes, personne ne veut voir ça mais que fait-elle bon sang ! Ebahie elle pase la main sous sa jupe, la retire, la contemple, la renifle - c'est à ce moment-là que le monsieur vomit - c'est du sang, bien rouge, et puis elle se fait dessus ma parole ? Un monsieur vomit avant de réussir à appeler les secours. Les autres n'ont pas bougé. Elle hurle, c'est une droguée ou une alcoolique ? Elle n'est plus très propre sur elle ! Encore la main entre ses jambes : enfin une femme s'écrie "mais vous ne voyez pas qu'elle va avoir un petit ?" oui un petit, pas un bébé, pas un enfant, un petit devant tout le monde, sur un quai de gare. Un bébé va avoir un bébé ! Merde alors ! Les gens ont l'air soulagé, ah bon elle ne va pas mourir alors ? Pourtant ça fait peur aussi un accouchement et ils se retournent tous à nouveau, et quand les pompiers l'emmènent, mugissante, nouée par les contractions, le soulagement délie les langues. "Quand même ... ce devait être une droguée, ou une alcoolique, vous ne croyez pas ?"
Par Marie-Laetitia
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Jeudi 29 mars 2007
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Image chipée là : http://history.chess.free.fr/
Philibert Globule. Avec un tel nom, il avait vécu l’enfance misérable que vivent parfois ceux que la langue française a malencontreusement affublés d’un patronyme cocasse … Non seulement le sien était déjà à part entière un nom commun – fort heureusement peu usité avant la classe de sixième, répit - mais il avait le mauvais goût de rimer avec des pratiques sexuelles que l’on targue bien vite dans les cours de récréation de déviantes sans trop savoir ce qu’elles désignent, l’homophobie en particulier se transmettant, comme la connerie en général, de génération en génération par le miracle du bain linguistique et (in)culturel. Eût-il été chanceux comme son grand-père Hercule Globule, musclé et costaud, que nul n’aurait osé l’emmerder plus d’une fois avec ces assonances malencontreuses ! Ah il en avait cassé des nez l’Hercule ! Mais las ! la génétique trouvant quelquefois désopilant de réunir en un même individu déjà mal-nanti des caractéristiques physiques ingrates, il était en sus petit, vilain et bête. Avec ça méchant comme une teigne, le malheur précoce vous rendant rarement affable.
Le personnage ainsi campé, penchons-nous sur son histoire. Elève médiocre et personnalité sans charme, rapporteur sans finesse, il fut maltraité autant par ses maîtres que par ses camarades. L’école primaire lui fut bien longue. Une croissance heureusement fulgurante lui octroya quelque répit à l'entrée au collège. Il dépassa, dès lors et pour le restant de sa scolarité, d’une bonne tête hâve ses camarades qui lui fichèrent enfin une paix royale. Sans éclats, sans heurts, il atteignit la classe de seconde, la première, la terminale, et contre toute attente et malgré les prévisions fort pessimistes de ses professeurs, décrocha son bachot, sans mention. Il ne nourrissait aucune ambition, son seul souci ayant été depuis ses plus vertes années d’échapper à la foule et aux feux des projecteurs que l’on ne manquait de braquer sur lui à l’énonciation de son nom de famille. On l’inscrivit d’office en fac et il se fit engager pour financer ses études comme surveillant d’externat.
Et c’est là que trouvèrent enfin à s’exercer ses talents façonnés par des années d’humiliation ravalées et de rancoeurs jamais verbalisées ! Il avait attendu toute une vie, toute une vie ! ces moments-là, Philibert. Et il avait toute une vie, toute une vie ! pour se faire justice. C’était le pion le plus abjectement précis, vicelard, teigneux et revanchard qui soit. De ceux qui vous flairent un mégot éteint planqué dans une poche à trois cents mètres à la ronde. De ceux qui laissent passer à la sortie tous les externes mais vous repèrent un demi-pensionnaire en manque de goguette à quinze mètres. De ceux qui vous font recopier trente pages de bouquin de maths en salle de permanence pour avoir la paix. C’était, dans son genre, un limier, un sherlock de la sèche, une huile du fliquage...
Par Hemipresente
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Publié dans : N'importe quoitude
Mardi 6 mars 2007
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