Amours

Tu es sage, ma douceur, ma tendresse. Laisse-moi promener partout sur ton visage, ton sourire, tes larmes, mes lèvres gourmandes. Je chuchote à ton oreille des mots doux, incohérents, décousus. Je tisse des phrases sans fin perlées de petits noms qui ne sont qu’à toi. Nous irons promener à la nuit tombante ma grenouille, ma luciole, nous irons regarder les étoiles, respirer les soucis, butiner le cerisier, je te soulèverai très haut afin que tu attrapes ses fleurs, libellule, papillon, crocus, tu vois les étoiles très haut ce sont autant de petits soleils avec des planètes et des petites Elsa qui nous regardent, je te raconterai comment les étoiles rient lorsqu’on les écoute bien, mon bijou, ma merveille. Ecoute. Abeille, anthologie, artefact, ancolie… borie, badinage, bigarré, bredouille … crépitements, chiasme, coloquinte, créature… dandinement, doryphore, délice, drupe … étourderie, enclave, ellipse, Elsa
Par Marie-Laetitia - Publié dans : Amours
Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 18:46

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"Maman, tu sais pas ce qu'elle m'a dit Didi tout à l'heure ?
- non mon coeur
- elle m'a dit que elle quand elle fait disparaître quelque chose en magie eh ben c'est POUR DE VRAI ! ....  Je crois que c'est pas très très vrai hein maman ?
- je ne crois pas non plus"

Les minutes passent tout doucement, le brownie enfourné embaume.

"Maman, pourquoi Didi elle invente toujours des choses ?
- je ne sais pas ... elle a peut-être une très grande imagination ?
- oui peut-être
- il faut que toi tu saches que ce n'est pas vrai, mais c'est drôlement chouette de s'amuser avec quelqu'un qui a beaucoup d'imagination tu ne trouves pas ? elle invente toujours des choses c'est chouette.
- oui ... mais moi des fois je sais pas si c'est vrai ou pas et ça m'embête
- peut-être que tu peux y croire juste le temps de jouer ?
- oui ... Maman ?
- oui mon ange ?
- pourquoi moi j'en ai pas de l'imagination ?
- tu trouves que tu n'en as pas ?
- oui ... c'est jamais moi qui invente les histoires des jeux
- pourtant moi je trouve que la nuit, quand tu dois t'endormir, tu en as beaucoup de l'imagination ! tu arrives à inventer des monstres qui n'existent pas, tu te fais des peurs sans choses qui existent en vrai, et puis dans tes dessins tu inventes plein de choses. Il y a des gens qui sont fortiches pour inventer des histoires de jeux, et des gens qui sont fortiches pour inventer des histoires de dessins, ou des histoires à raconter
- alors je suis fortiche dans les dessins comme toi avec Grigri et Chaminou ?
- oui je trouve que tu es super fortiche dans les dessins, je les aime beaucoup tes dessins.
- merci maman."

Le brownie refroidit sur le plan de travail. On le sortira de son moule plus tard pour le découper en parts que l'on servira avec une merveilleuse crème anglaise en dessert.

"Maman ?
- oui ma puce ?
- non rien je voulais juste avoir ton mot dans ma bouche"
Par Marie-Laetitia - Publié dans : Amours
Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 23:08

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Grenouille inoffensive. Rien à voir avec les affreux dendrobates de Marie Rennard. Juste une petite rainette entre deux touffes d'herbe. Elle était d'un vert  coeur-de-tige saisissant, si bien camouflée qu'il a fallu que mon oeil tombe très exactement sur cette tache ronde de vert parfait que formait son dos minuscule pour l'apercevoir. Elle n'a pas même tenté de s'enfuir lorsque mes mains l'ont entourée : c'est impossible voyons je suis invisible. Je l'ai montrée à une Mathilde hésitant entre curiosité bienveillante et frayeur dégoûtée "ooooh une grônouille !" . "Il pleut i mouille c'est la fête à la grônouille".

On s'est amusées à chercher des rimes, forcément à deux ans elle pense pas à mal avec des mots en ouille !
Allez on fait une polésie nouille !
On fait ce qu'on peut on se débrouille.
On cherche dans nos têtes on farfouille.
Quand ça rime pas on se traite d'andouille !
Et elle riait comme des chatouilles
Elle n'avait plus du tout la trouille
On a relâché la grônouille sans fricassée ni ratatouille, et puis on s'est rentrées bredouilles. Mais on avait bien rigolouille. 
Par Marie-Laetitia - Publié dans : Amours
Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 11:23

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Je m'assieds à quelques mètres de la terrasse ou sur les marches. Je guette la sonnerie suivante, un quart d'heure tout au plus à patienter. Le jardin bourdonnant n'est jamais silencieux, une activité foisonnante y règne, une foule s’y presse, minuscule, innombrable et dense.

A mes pieds, inconscient du chaos que le placement de son arrière-train en travers de la cohorte nourricière suscite chez les fourmis noires qui ont colonisé les fissures des premières marches du perron, le chien hyperactif s'agite, si désireux de me voir lancer son inestimable balle qu'il en tremble tout entier. Perdu dans une touffe d'herbes hautes - il faudrait tondre mais après, plus de pâquerettes  - le chat broute et vomit avec une parfaite régularité que ne vient guère troubler la sollicitation intempestive de son compagnon canin ; les premiers jours j’ai dû le contraindre d’une main ferme à rester dehors pour la seconde partie de sa tâche, lasse de ramasser au creux d'une boule d’essuie-tout les flaques verdâtres et gluantes d'herbes mi digérées qu'il semait dans le salon, sur le sol de la cuisine, jusque dans les toilettes trop exigües pour pouvoir éviter l’embûche, et il semble avoir pris le pli. Soit. Résigné, il se livre aux spasmes de la purge en plein air, mais je le tiens à l'œil.
Une truffe contre ma jambe, une balle qui roule dans mon dos, au fond du fauteuil-loveuse, deux yeux humides déjà reconnaissants se vissent au fond des miens - les chiens sont-ils toujours reconnaissants ? - han ! j'envoie et le somme de rester là-bas, il obéira trois, peut-être quatre minutes ?
Alors que la chaleur cède enfin, le soleil encore haut délaisse la façade de l'église, et les voici qui s'élancent.
Une à une, puis se rejoignant par parentèle, les hirondelles nichées entre les pierres descellées, au fronton et sous le vitrail aveugle, se jettent dans le vide, de très haut. On sent à leur chute éperdue le bien-être du mouvement retrouvé après l’ankylose de tout le jour. Leur territoire de chasse est centré sur l'angle nord du jardin, la moiteur qui cède doit laisser monter enfin les insectes qu'elles goûtent ; les premières rotations ne les ramènent pas au nid, elles reprennent des forces, se défroissent, dans l'air frais par strates au gré des mouvements ascendants qui longent les murs, elles se livrent à des figures piquées, virant sur l’aile, en limite de décrochage, d’une virtuosité folle. Elles s’abandonnent au vol comme on se plonge, éreinté de chaleur, dans l'eau tiède enfin rejointe après la promenade. Tout le ciel leur est dû ! Nul ne leur dispute l’espace : les merles gavés tout le jour sont perchés sur les tuiles du muret, les pigeons du clocher ont délaissé tout à l’heure dans un vol bruyant qui s’applaudit lui-même à chaque battement d’aile, leur abri réservé pour suivre sans doute le parcours de Petit-poucet de la vieille aux quignons rassis, les chauves-souris dorment encore. Le chat qui s’est affalé dans une touffe ne soulève pas un instant sa paupière visible, les pattes en l’air dans un dernier rayon il se laisse dorer le mamelon, ronronnant et purgé. Si, les premiers jours, cette danse l’a intrigué assez pour éveiller un vague instinct jusque-là dormant - et d’un bon sommeil - qui le faisait émettre des « mouek mouek kkkkk » contrariés à leurs percées en rase-mottes, il ne s’y laisse plus prendre. Il sait pour y avoir goûté une ou deux fois, que la gravitation universelle est à elle seule pourvoyeuse de tendres merlons qu’il suffit de regarder choir et d’aller cueillir, mollement, dans l’herbe tendre, merveilleux digestif après la pâtée quotidienne.


Par Marie-Laetitia - Publié dans : Amours
Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 19:03

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"Bon sang mais arrête ta crise maintenant !Y'en a marre des ces jalousies à deux balles pour la taille du morceau de chocolat ! Je vous aime autant l'une que l'autre !! Vous êtes toutes les deux sorties de mon ventre, je vous aime différemment puisque vous êtes différentes : vous n'avez pas le même âge, vous n'avez pas les mêmes besoins, vous n'avez pas les mêmes caractères, alors oui forcément je ne suis pas la même avec vous deux et c'est normal c'est le contraire qui serait bizarre, MAIS JE VOUS AIME AUTANT L'UNE QUE L'AUTRE !!
- ... ouais mais c'est moi "l'autre" ..."

RAAAAAAAAAAAH !!!!  Mais on m'avait dit que ça commençait vers douze ans moi l'adolescence !! et j'en fais quoi moi de ma pré-pré-pré-pré-préadolescente d'un mètre douze ??? des nuggets ??

Par Marie-Laetitia - Publié dans : Amours
Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /Sep /2008 14:15

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Tap tap tap tap tap tap tap tap ... petap tap tap tap tap

"Mamaaaaaaaaaaan"
"Maman z'ai pas fait la bêtise moi"

Aïe ...
"Maman t'es pas fâssée hein, t'es zentille ?"
Le tortillage de cul mains dans le dos est à son maximum de mignonnerie, le sourire si magnifiquement délicieux qu'on la mangerait de bisous, et le regard par dessous la mèche qui retombe devant les yeux est un mélange d'interrogation inquiète et de supplication tendre ... C'est plus de l'expressivité, c'est du calendrier des postes avé les chatons.

Je dépose mon rouleau détrempé de peinture blanche dans le seau, m'essuie le front d'une manche inexistante (mais si je dis "sur mes poils de bras" ça fait moins sexe), et tout en rejoignant sa chambre à l'autre bout du couloir,  quémande d'une voix un peu inquiète une explication ...
"Qu'est ce qu'il y a bébé, tu as fait une bêtise ? "
"Non z'ai pas fait la bêtise, c'est pas moi, t'es pas fassée hein ?"
"Noooon, mais montre-moi"

Eh ben c'est super chiant à effacer, vachement plus qu'on n'imagine, la craie. Blanche. Sur le papier peint. Vert.

Alors non, elle n'a pas eu de fessée la minimiss, on a recadré dans la joie et la bonne humeur... elle s'était déjà payé le luxe de barbouiller de feutre veleda touuuut le bas de la bibliothèque mais bon, vous m'direz, c'est toujours mieux que la grande soeur qui avait redécoré au même âge son lit, le tour du lit, la couette, la housse de couette, avec un feutre indélébile qu'elle m'avait subtilisé hein ? Paraît que c'est un signe de grande créativité ! Et mon calme olympien sera-ce interprété comme de la mansuétude ou le signe d'une intense fatigue ?

Parce que ces temps-ci, pour être créative elle est créative, ma deuxième-née. Peinture avec les doigts, maquillage des yeux de sa poupée au feutre, maquilalge de son herself en 3D au stylo de maman "'pour faire le papignon de la fete de l'école de Batil", épluchage méthodique de deux paquets de lingettes artistiquement déposées en gerbe une à une sur son lit, dégustation de litière du chat, essais de mélange entre shampooings dans la baignoire vide, brossage du chat ... et j'en passe et des meilleures. Ah j'oubliais le nettoyage de la table, des chaises, du tableau blanc, des poignées de portes ... aux lingettes à cul imbibées de lotion hydratante ... un bonheur à nettoyer. "t'aider maman ! moi va t'aider"... Maintenant quand j'entends ça, je cours.

Or donc, petite minette chérie douce et tendre à mon coeur, on va conclure ici un marché : je te pardonne par avance toutes tes bêtises sans conséquences autres que matérielles (ma statuette de chat explosée parce que tu voulais voir si "a ronronne quand ze caresse" je l'oublie) et toi, en échange, tu t'engages à exploiter au maximum ta gouaille, ton charme, ton rire merveilleux, ta présence, en allant dès que tu auras l'âge, t'éclater sur les planches. Parce que sérieux, y'a quelque chose, là, en toi, autour de toi même, de pas commun. Un appétit de la vie qui te fait resplendir, qu'on a envie de partager avec toi, et qui ne peut que grandir encore et étinceler. Alors sois toi-même et sois-le bien ma douce. Et arrête de vouloir m'aider hein ?

Par Marie-Laetitia - Publié dans : Amours
Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 16:28

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Ses cils délicats dérobent à mon regard ses yeux en amande, qu'elle dirige, par en dessous, vers son père, en quête d'une approbation bien peu probable. Elle penche un peu la tête vers la gauche, arbore son plus merveilleux sourire, amène sa main droite jusqu'à sa joue, y pose son index, main presque repliée, et dans cette pose éclate de rire. Qui peut résister ? Je regarde ma fille, je me dédouble, mère éducatrice qui ne cèdera pas à son caprice d'un côté, mère adoratrice émerveillée par sa grâce et sa féminité de l'autre. "Non Mathilde. J'ai dit non, et papa ne dira rien d'autre. C'est non. Tu files dans ta chambre". La moue séductrice persiste un quart de seconde, puis cède la place à un effondrement du visage : elle retrouve ses deux ans et l'intensité des sentiments, le caractère printanier où les orages succèdent sans préambule aux plus belles éclaircies, elle pleure, presque sincère et pourtant emballée par la beauté des larmes. Bientôt elle pleurera comme je l'ai fait en se contemplant dans son miroir, émerveillée par le pouvoir d'un oeil embué. Elle grandit. Elle connaît les limites de son corps, elle apprécie son pouvoir de séduction, son pouvoir de persuasion, par les mots, au delà des mots. Cette petite fille est ma fille, c'est ce même petit être qui poussait en moi il y a quelques mois, qui talonnait mon estomac de ruades énergiques le soir ... Epatant ! L'émerveillement guide mon regard autant que l'amour et la nécessité de lui définir des bornes. Sans l'approuver, je comprends que certains parents puissent céder à cette facilité, à cette tentation de "laisser pousser libres" leurs enfants, sans interdits, sans contraintes :  il est si enivrant de les considérer comme parfaits, dotés d'une capacité universelle, héritée, instinctive, à se construire par eux-mêmes. Enivrant et donc faux, bien sûr. Pourtant il est si plaisant de la regarder faire, à la dérobée, causer à ses peluches, les admonester comme je peux le faire, les câliner comme je peux le faire, leur raconter les histoires qu'elle connaît par coeur, se complaire quelques minutes à ne pas interférer. La porte entrebaillée a grincé, elle lève ses yeux aux cils interminables, d'une douceur implacable, une question dans leur lumière, m'aperçoit et me sourit. Je souris à mon tour et me retire.

Par Hemipresente - Publié dans : Amours
Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /Août /2008 15:25

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