Bon, les enfants en vacances, je peux m’atteler à
ces corvées qui m’attendent patiemment depuis trois mois. Ou plus. Au programme rangement des armoires et tri des vêtements. Ca m’esclave tellement que je ne m’y suis pas encore mise ; après tout
elles ne rentrent que dans 12 jours hein, pas d’urgence.
J’allais m’y mettre – si si – après avoir fait mon lit, et puis je suis passée devant la trottinette de mon
aînée qui encombre l’entrée depuis deux bons mois. Rapport au fait que ses roues sont flappies et que rouler sur du chamallow c'est pas évident.
"Allez" me suis-je admonestée, "cette fois-ci tu vas les regonfler ces roues ! Ca doit pas être si
compliqué ! Tu as la pompe (par miracle elle est ressortie du bordel il y a quelques jours, si c’est pas un signe …), tu as la trottinette, merde c’est faisable quand même !"
Hop ni une ni deux – c’est un effet de style destiné à donner l’impression qu’il va se passer quelque chose
– je me saisis de la bête, de la pompe, et je commence. Je retourne la chose pour avoir accès aux roues, je me la coince entre les genoux, je dévisse le pétouillon antidégonfloir, et je tente
d’aboucher la pompe. Je tente dis-je, parce que manifestement le gars qui a placé le truc là n’a pas pris en considération ces putains de rayons en calculant l’angle nécessaire pour placer une
pompe à vélo. A force de tortiller la chose dans tous les sens, au risque de la casser et de rendre définitivement inutilisable la roue arrière à moins d’aimer rouler sur jante, je réussis enfin
à coller le trou de la pompe sur le trou du pétouillon.
Mais pourquoi ça rentre pas ? C’est quoi ce bordel ? Je force, évidemment, avec toute la douceur déjà
agacée dont je suis capable, mais rien, pas moyen de faire entrer le truc dans le machin. M’enfin, je l’ai déjà regonflée cette putain de trottinette, alors quoi ? A contre cœur, j’extrais la
pompe des rayonnages et j’examine la chose. Rien, tout est normal, c’est une bête putain de pompe. Je reprends, rentre en force le truc dans le machin – vous suivez là ? et commence à gonfler.
Pas la moindre résistance, rien, rien qu’un bruit de fuite d’air persistant et la roue qui me semble plus molle à chaque palpation.
Pétard de pétard, de quoi je vais avoir l’air moi si j’arrive même pas à gonfler une roue ? Déjà que j’ai
pas le permis. Oui je sais rien à voir mais ça fait partie de mes humiliations quotidiennes. C’est fou comme une bonne humeur matinale génératrice de sages résolutions peut être mise à mal au
point qu’on mettrait finalement la tête dans le four par une conne de pompe qui te renvoie à tout ce qui ne va pas dans ta vie, sanglot.
Bon, allez, on reprend dans le calme. Je réabouche la chose, le machin dans le truc, je coince, je pompe.
Et rien. J’ai eu beau m’escrimer pendant une demi heure, invectiver la trottinette et cette connasse de pompe et au final dégonfler totalement les deux roues, lâcher une larme de rage dans un «
mais tu vas gonfler bordeeeeeeeeel » y’a pas eu moyen de comprendre comment ça marche. J’ai lâchement abandonné. Je dirai ce soir au viking que les roues sont dégonflées et puis il fera ça en
trois coups de cuiller à pot, et ça va encore m’énerver. Non on ne peut pas être douée partout, mais quand même regonfler une roue ça doit pas péter loin en points de QI. Humiliée, je suis
retournée à ce que je sais faire, sanglot romantique : ranger, faire le ménage. Sanglot ravalé.
PS : quant au viking qui me lira forcément, si t’oses te moquer je ressors le coup de la commode …
EDIT : après deux minutes sur Facebook qui ont donné à peu près ça "tu mets le truc dans
le machin, ok, et après tu rabats le bidule qui est à 90 degrés ... ou alors c'est le contraire, tu mets le truc dans le machin avec le bidule en bas et après tu le relèves à 90 degrés" j'ai
réussi à gonflerl es roues... Deux minutes ! il lui aura fallu pour résoudre mon problème vital du matin !! Humiliée j'vous dis.
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Ce week end, vous avez décidé de vous offrir un séjour en amoureux dans une demeure anglo-normande de fort belle facture, proposant des prestations très haut niveau pour un bed and breakfast hors du commun. Heureuse femme ! Vous profitez à plein de ces deux jours de détente, de ces deux grasses matinées d'une opulence à faire frémir vos petits matins blêmes, et sur lesquels vous fanstasmerez en couple pendant les mois et les années à venir ... jusqu'à ce que votre budget vous permette à nouveau de vous exiler sans votre progéniture délicieuse mais dont il est doux de tester à quel point elle vous manque à six heures et demie le samedi matin alors que vous vous retournez dans une couette moelleuse, attendant que le jour soit tout-à-fait levé, mais vous pas.
"Maman, comment on fait les bébés ?" Ma Grande m'avait déjà posé cette question, j'étais prête prête prête, j'avais bien tout lu Dolto et j'avais répété devant le miroir. Nous nous tenions toutes deux hier soir agenouillées dans la salle de bains, moi pratiquant sur sa soeur les ablutions d'usage, ladite Elsa pratiquant à son tour sur le sol de la salle de bains les ablutions qu'elle affectionne, ma Grande contemplant avec un étonnement sans cesse renouvelé cette petite bonne femme qui tolère sans broncher d'avoir de l'eau sur le visage et s'éclabousse à qui mieux mieux. "Maman, comment on fait les bébés ?". J'ai ressorti mon laïus déjà éprouvé et qui jusqu'à présent semblait satisfaire sa curiosité, me conformant aux prescriptions des pédopsychiâtres qui préconisent de ne point trop en dire. Quand un monsieur et une dame s'aiment très fort, ils se font des câlins d'amoureux, des câlins de grand, et parfois ils décident de faire un bébé. Bon. Hier soir ça n'a pas suffi. "Oui mais comment on FAIT ?"
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