Rions un peu y compris jaune

D'une copine pendant le pique-nique du quatorze juillet, alors que nous échangions nos impressions sur les addictions au tétage de nos moutards respectifs, ce savoureux :

"Moi aussi j'ai fumé mon pouce très longtemps"

D'ailleurs elle suce toujours la cigarette à trente-deux ans...
Par Marie-Laetitia
Vendredi 17 juillet 2009

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Le site qui accueille mon employeur et, par ricochet, mon auguste présence aux bons jours, s'héberge en un vaste campus verdoyant coincé entre deux autoroutes. Et ça verdoie, et ça verdoie, et aux beaux jours on est hébété de chants d'oiseaux, et y'a deux semaines ça neigeoyait aussi tant et plus ... Des hectares qu'on a, à deux pas des bois d'un côté et des pistes d'exercices à pompiers en short moulant de l'autre, mmmmh. Bref.

Lorsque la horde fonctionnariale a déserté les lieux, soit entre 18 heures et 8 heures le lendemain matin, la Nature enfin délassée reprend ses droits et surtout ses aises ... M'est arrivé de m'y trouver présente, à l'endormissement ou au réveil fébriles, et de croiser encore ensommeillés lièvres, garennes, chats à griffes ou huants, toute cette vie parallèle et cachée que la présence humaine confine aux heures diurnes aux sous-sols truffés de galeries, émaillés de tuyaux très-antiques en réseau serré dont certains, même, percent jusqu'au Château de Versailles. Ca grouille, ça se bat, ça se bouffe.

Il y a quelques mois, au sortir à peine de l'été, on nous avertissait d'une grève meumeuh des transports ; avec une collègue prévoyante et multimère comme moi, on avait obtenu de not'bon mait' le privilège de décaler nos horaires de boulot : arrivées à 7 heures, nous repartirions vers 15 h 30, hors d'atteinte espérions-nous du flot des importuns automobilisés pour peu qu'ils n'aient pas eu la même brillante idée que nous. Il faisait donc vachement nuit et encore bien froid, aux aurores professionnelles, ça n'incite pas à la causette, on se tenait par le bras serrées l'une contre l'autre, on devisait même pas on se hâtait accrochées et tanguant, quand passa devant nous un des gras lapins blancs que les tontes régulières de pelouse ne suffisent pas à effrayer, un de ces lapins d'Alice bêtement tout nu sans sa montre mais très pressé. C'est plaisant de voir des bêtes, au coeur de la ville, on se sent toujours vivre plus fort quand ça arrive, on est surpris, pas besoin d'un Bambi majestueux, rien qu'un bout de lapin et hop on est content. J'avais donc le sourire en regardant les trois bonds du garenne qui s'enfuyait plus vite que je pouvais le suivre, et ma collègue figée à mon bras me sembla tout de même bien lourde d'un coup quand je me remis en branle.

"A quoi tu penses d'un coup là ?
-Le lapin ... tu l'as vu ?
- Bah oui, un beau lapin de laboratoire bien blanc.
- On dirait le mien.
- Ah bon tu as aussi un lapin ? chien je me souvenais mais pas lapin.
- Oui ...
- C'est sympa ça comme bête ?
- (soupir) ... Ah non alors ! ...
- ... ?
- Non c'est une vraie carne ...
- Explique.
- Ben déjà le mien il arrête pas de mordre
- Cela dit tu peux pas lui en vouloir, pour un rongeur c'est même pas une seconde nature ...
- Ah mais il mord que les doigts cette saleté. Quand tu prends un lapin pour tes gosses, c'est pour qu'ils puissent le caresser, lui y'a jamais eu moyen ... Il mord fort comme tout !
- Eh ben ... Ca fait longtemps que tu l'as ?
- ... (mine déconfite)
- Ca doit pas vivre très vieux en principe ça, non ?
- Il est malade depuis des années le mien en plus ...
- ...
- Tu sais tout à l'heure je regardais le lapin et je me disais que j'allais amener le mien et le lâcher sur le domaine ...
- A ce point ?
- Oui je peux plus le supporter. Cette saleté il a commencé à faire des boules, le vétérinaire a dit "c'est un cancer laissez-le tranquille et s'il souffre, s'il arrête de manger, on le piquera"
- Bon tu vas pas avoir à l'abandonner alors !
- ...  !
- ?
- Ca fait trois ans.
- ... ?
- Le vétérinaire, les boules. Ca fait trois ans qu'il a des boules. Maintenant il en a partout. Il a pris un kilo, tu te rends compte un kilo sur un lapin nain ? Il arrête pas de bouffer.
- ...
- Il veut pas crever. Et il arrête pas de mordre le salaud.
- ..."

Je ne saurais pas dire pourquoi, peut-être parce que c'est une personne qui fait usage en principe d'un langage toujours châtié et que seul un lapin cancéreux hargneux pouvait faire sortir de ses gonds verbaux, mais à ce point-là du dialogue, le fou rire m'a prise. L'énorme fou rire, l'inextinguible, celui qui emporte les foules quand il est bien mené, qui vous ruine un amphi, qui vous coule un orateur.
Elle m'a regardée, désemparée, vexée une demi-seconde .... A tenté de poursuivre ... J'essayai de me contenir mais rien n'y fit, une fois lancée je ne peux plus m'arrêter. Je tentai bien d'en placer une entre moi et moi :
"et ... et ... et il a quel âge maintenant ?"
Elle m'a regardée une dernière fois sévèrement : "cette salope de pute il a sept ans !" les sourcils froncés et la mine austère ... Je me suis assise par terre pour baver à mon aise. Et plus elle râlait et jurait sur cette pauvre bête plus je hoquetais, elle a enfin été gagnée par mon hilarité. On s'est retrouvées donc, deux follasses hystériques, le cul sur le sol trempé, à regarder sauter ces cons de lapins à sept'du en morvant à qui mieux mieux notre gaité inattendue. Je crois que c'est un de mes meilleurs souvenirs professionnels.

A l'heure où j'écris ces lignes, le lapin est toujours vivant.
Par Marie-Laetitia
Dimanche 8 février 2009

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Le ouikènde dernier, mon homme de ma vie à moi que j'aime de tout mon coeur, s'est résolu d'un seul coup à teinter la super chouette commode en bois brut qu'il avait récupérée d'un client divorcé qui vidait sa baraque, écoeuré, et ne voulait plus rien savoir de sa vie d'avant. Top moumoute la commode ! On était ben contents ! Il l'a démontée, remontée, et elle trône depuis quelques semaines dans notre salon et s'est tellement vite remplie qu'on se demande bien comment on a pu faire sans, avant.

C'est un sacré beau meuble, un bon mètre quatre-vingts de large pour, à la louche, une jambe d'Hémi de haut et un bras de profondeur ; deux séries côte à côte de trois grands tiroirs et deux petits, du contenant et de l'allure.

Seulement dans une maison avec deux enfants à mains rarement propres, à chaussures traînant ici et là y compris n'importe où si c'est pas malheureux, un chat maniaque du grattage de caisse doté de coussinets certes antidérapants mais perpétuellement moites qui trimballent des graviers blancs partout à sa suite, et un chien acrobate à poils blancs durs, un meuble en bois clair non verni c'est même pas la peine d'y penser, autant jeter tout de suite.

L'homme avait donc acheté tout bien ce qu'il fallait il y a quelque temps : un gros pinceau large, un petit pinceau râblé, de la belle teinture chêne foncé, pour mettre par-dessus un vernis satiné acrylique sans odeur, du qui résiste aux chaussures, aux tasses de chocolat avec une paille qui goutte, aux vases renversés par une course-poursuite à huit pattes et deux queues, aux petits accidents de la vie domestique. Restait plus qu'à trouver surtout le temps et aussi un petit peu faut pas se leurrer le courage de s'y coller, lui ou moi.

Quand même... Malgré la mention "sans odeur", il était méfiant, l'homme. Alors comme il faisait tellement beau, il a préféré oeuvrer en extérieur pour ne pas asphyxier tout son petit monde, surtout que la nôtre grande zouzou nous fait de l'asthme de temps à autre. Il s'est donc escrimé à sortir le catafalque sur la terrasse, devant le d'vant de la maison, et il a fait sa teinture, cependant que, crevée vu que j'avais repris le boulot et pas lui, j'allais me siester avec des grosses boules quies au plus près des tympans. J'avais pris cette précaution à cause qu'on a dans le voisinage, malheureusement imprécisément situé, un fâcheux qui joue périodiquement de la guitare électrique avec ampli le samedi après-midi. Fâcheux est un bien faible mot, mais je n'avais pas l'âme guillerette, à la veille de voir la vague Sarko s'abattre sur la France, et me sentais point prête à moucharder à la police municipale. Une couche, deux couches, on laisse sécher. Bon, ça me laissait un peu de temps tout ça, et j'escomptais qu'entre deux, il vienne me rejoindre dans la nôtre, de couche, mon viking.

Quand je me suis réveillée deux bonnes heures et demie plus tard, émergeant difficilement de mon lit douillet et sa couette essentielle, seule, c'était Guernica (1) au rez-de-chaussée. J'avais bien vaguement entendu des bruits un chouia pénibles à travers mes limbes (2) de conscience perdue entre sommeil et veille, mais j'avais voué le fâcheux susnommé aux gémonies, m'étais tournée de l'autre côté en grommelant et marre.

Lorsque j'ai fini par ôter mes protections auditives, quelle ne fut pas ma surprise de constater que ces mêmes bruits qui ne m'avaient atteinte que tamisés, étouffés, méconnaissables, émanaient de mon doux époux rugissant ... Mathilde hélée par ses efforts répétés et sortie plus tôt que de coutume de son lit lui parlait de la mi-escalier et il lui répondait, le souffle court, de m'aller quérir au plus vite because le meuble il allait tout se péter la goule dans pas longtemps. Je n'attendis pas la remontée de la messagère. J'enfilai mon futal et même pas de chaussons ce qui dénote chez moi une pression confinant au stress intense, et dévalai les deux étages qui nous séparaient, l'homme de ma vie, ouvrieux, et moi, ensuquée.

Je trouvai mon chéri tout rouge de rage autant que de fatigue, coincé dans l'encadrement de la porte, le vestibule jonché du contenu d'une bonne partie des dix tiroirs de la commode (ah mais c'est vrai tiens, on ne l'avait pas vidée... ca fait lourd ...), laquelle n'avait plus du tout la jolie forme de parallèlépipède rectangle que je lui connaissais, ou alors avec une méchante distorsion sur le côté... à bien y regarder, sur les côtés...

"Mais bordel qu'est-ce que tu foutais ? ca fait un quart d'heure que je gueule !"

Pas moyen d'y couper, j'ai posé la question qui dans ce genre de situations déclenche les foudres :

"mais qu'est ce qui s'est passé ?"

avec le regard effaré qui allait bien avec je présume, parce que ça a eu l'effet prévu, il était tout colère.

"Merde ça se voit, non ? (si...) Cette conne de commode est en train de se casser la gueule de partout ! quand je l'ai rebasculée à l'intérieur elle est partie en cacahuète le dos s'est tout barré, les escargots ont explosé, je sais même pas comment on va faire pour la rentrer, putain elle est foutue ! il a fallu que je reste là à tenir les morceaux entre eux sinon elle aurait explosé ! bordel j'ai pas arrêté de t'appeler pour que tu viennes m'aider !"

Moi devant une telle avalanche de gros mots, je me suis fait toute petite et j'ai prestement réprimé le fou-rire qui ourdissait un complot dans mon arrière-gueule quand je me figurais mon chéri d'amour coincé dans l'entrée pendant une demi-heure à soutenir le meuble branlant en hurlant exaspéré pour que je vinsse lui prêter main forte, alors que moi je ronflais peinardement et sans aucun remords en m'enfonçant plus loin les bouchons d'oreilles. J'ai perçu instantanément avec cette féminine intuition qui me caractérise sans faillir jamais, que l'humour de la situation ne lui serait pas immédiatement accessible...

Avec beaucoup de sérieux et de docilité, j'ai attrapé l'autre bout de la commode, on a tiré, poussé quand il a voulu, vissé quand il a fallu, et on a réussi à la remettre à sa place.

Epilogue :
Les deux coups de vernis acrylique sans odeur ont été donnés à l'intérieur, et m'est avis que quand on va déménager la commode elle va voyager en morceaux ...

Epilogue 2 :
En effet, ladite commode n'a pas résisté, et fait aujourd'hui le bonheur, en biais et sans façades aux tiroirs, des araignées, bêtes à bois, éventuellement chauves-souris et un magnifique fourre-tout à saletés en transit dans le garage. Sic transit ...

_____________________

(1) Guernica c'est ici : http://www.poster.net/picasso-pablo/picasso-pablo-guernica-7700004.jpg et c'est beau quand même

(2) tiens vous avez vu ? D'un trait de plume, le pépère Benoît XVI a rayé dix-sept siècles de débat catholique en déclarant que finalement les limbes ça n'existe pas ... que sont les âmes devenues des petits enfants morts non baptisés ? aux dernières nouvelles y'a un embouteillage pas permis aux portes du Paradis et Saint Pierre s'arrache les plumes ...

Par Marie-Laetitia
Vendredi 10 octobre 2008

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Ouvrez Google.
Tapez "tortue avec pénis coincé à l'extérieur"
Le deuxième lien ...
Etonnant, non ?

 

 

 

Par Hemipresente
Mardi 1 avril 2008

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" Ouais mais nan paske stuveux .... ouais ... ouais ... nan mais chu trop d'accord quoi j'veux dire ... ouais ... haaaaaaan nan tu charries ? ... nan ... ouais ... à donf ... ah nan mais c'est trop trop ça en plus quoi ... grave ... ouais mais on est trop trop d'accord à chaque fois ça m'fait trop trop marrer .... hi hi hi..."

Après cette forte démonstration de complicité adolescente par portable entremis, la demoiselle raccroche et se tourne vers sa coreligionnaire en transports urbains pour lui faire part séance tenante de son ressenti exalté sur la conversation haletante qui l'a tenue occupée dix longues minutes, en des termes laconiques et efficaces.

 "S'tait Valou. T'sais la pouff à gros nibards. T'vois c'est qui ? Quelle conne chte jure celle-là. Ouais elle arrête pas de draguer le keum que j'kiffe". 

Là où ça devient rigolo c'est lorsque je croise le lendemain la même coreligionnaire seule, sur laquelle se rue du bout du wagon une jeune fille dont au premier coup d'oeil et malgré toute ma bonne volonté hétérosexuelle je ne peux m'empêcher de noter les attributs sexuels fortement corpulents exhibés à grand renfort de couleurs criardes, qui se dandinent agréablement et sans la contrainte d'un soutien-gorge au rythme de son amble de droite et de gauche. Et que son téléphone sonne. 

" Ouais mais nan paske stuveux .... ouais ... ouais ... nan mais chu trop d'accord quoi j'veux dire ... ouais ... haaaaaaan nan tu charries ? ... nan ... ouais ... à donf ... ah nan mais c'est trop trop ça en plus quoi ... grave ... ouais mais on est trop trop d'accord à chaque fois ça m'fait trop trop marrer .... hi hi hi..."

"S'tait Loula. T'sais la crevette à gros cul. T'vois c'est qui ? La pauv' meuf a croit qu'elle a une chance avec Kevin ..."

J'ai chaussé mon lecteur mp3 et laissé Bobby McFerrin m'emporter... Et sans rigoler en plus. 

 

Par Marie-Laetitia
Vendredi 30 novembre 2007

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"Y'a pas plus volatil que les phrases de cul"

Ecrivez la suite, en alexandrins bien entendu.
Par Marie-Laetitia
Dimanche 25 novembre 2007

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Ca faisait un fameux bail que je m'étais pas tapé un (petit) fou rire en lisant les nouvelles. Le plus souvent le matin j'achète Libé au vol, quotidien fort sérieux qui suscite rarement l'hilarité faut reconnaître, ou alors c'est pas fait exprès. Sauf qu'en ce moment ça s'interconnecte tellement au poil de mollet de fourmi mes transports en commun que j'ai point le temps de baguenauder chez le marchand de journaux, alors pour rester "aware" j'attrape au vol un "Métro" ou un "20 minutes" et je trace. 

Or donc ce matin un entrefilet des plus banals m'a, je le confesse, arraché quelques gloussements. Cela dénote me concernant sur ce créneau spatiotemporel une réjouissance peu commune.

Je vous le fais, avé la voix sérieuse et sans affect des journalistes débutants
"Elle apporte une grenade à l’école. LILLE. Une fillette, dont le frère avait trouvé une grenade de la Seconde Guerre mondiale, a apporté l’engin à son instituteur samedi. L’établissement, qui compte 191 élèves, a été évacué vers l’école maternelle voisine."

Anodin. Concis, précis, sans commentaire déplacé ni la moindre petite pointe d'ironie. Eh ben je trouve ça dommage.

Son frère l'avait trouvée, qu'i disent, la grenade, et puis en rentrant il a fait son faraud et le père se l'est empochée ni une ni deux. "Trop dangereux pour les gosses" ... Ca ferait super bien dans sa vitrine. Des objets pur jus de cette époque-là ça ne court pas les rues, ou alors ça fait carrément deux cents kilos et on fait venir le déminage, il a dû se dire qu'il avait du pot et que c'était une belle pièce. Ca ne pouvait pas être un collectionneur, il aurait eu conscience de la dangerosité de la chose, non non, juste un crétin quotidien.

La gamine, il l'a sans doute impressionnée pour pas cher.

"Regarde ce que j'ai trouvé ! Tu sais avec ça les Allemands ils tuaient les Français pendant la guerre ! ... Si on tire là (et le frôlement de son doigt sur la goupille lui déclenche un délicieux frémissement dans toute l'échine) au bout de cinq secondes, cinq secondes ! ... faut courir vite ou lancer loin ! ... eh ben elle explose, baoum ! Et la maison elle est rasée !" 

C'est une luronne, sûr de sûr, elle sait pas trop s'il faut y croire complètement ou si c'est un genre de croquemitainerie à la mode CM1, mais ça lui fait aussi le petit frisson, là. Alors quand la maitresse leur dit que la semaine prochaine ils vont commencer à étudier la seconde guerre mondiale, elle trépigne. Dans la cour de récré, elle suscite un attroupement qui passe inaperçu parce qu'il y en a tous les jours, parce qu'aller voir le tout dernier joujou à la mode ou le mouvement de danse tektonik les instits s'en grattent, parce que ce jour-là ils ont autre chose à glander qu'à surveiller le préau et qu'il y a les photos de mariage de Laurence à regarder ...

"Eh ben moi mon papa il a trouvé une grenade ! même qu'il dit qu'elle peut encore sauter !
- pfff n'importe quoi même pas vrai
- SI! C'EST VRAI !!!! Et même que je l'apporterai à la maîtresse pour parler de la guerre et tu vas voir si c'est même pas vrai !" 

Et vlan. Ca vaut mieux que "et boum" vous m'direz...

Je me figurais juste la tronche de l'instit ... Elle est en train de dicter l'énoncé de la leçon du jour ...

"La Seconde , la... seconde ..., guerre, guerre avec deux R Tabatha ! ... guerre ... mondiale. "LA" guerre, donc un E à mondiale ...
- Maîtresse ! maîtresse ! J'ai apporté quelque chose pour l'histoire !" 

Elle est blasée la maîtresse ; tous les ans, elle a droit aux médailles du Pépé-qu'a-été-gazé, elle en a plein les bottes. 

"C'est bien Sophie tu peux aller au tableau nous montrer ce que c'est on finit de noter le titre et on t'écoute". 

Elle est toujours de dos dans le fond de la classe qu'elle parcourt toujours de long en large lorsqu'elle dicte les leçons.
Sophie, toute contente d'avoir un satisfecit et ptete bien une bonne note, ouvre son sac à dos, attrape la chose, et va se placer sur l'estrade devant tout le monde, la grenade dans la main gauche et l'index droit sur la goupille ...

Et là l'instit se retourne ...

Et ben moi j'aurais donné cher pour voir sa tronche...

Par Marie-Laetitia
Mardi 18 septembre 2007

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